Index de mycologie

Conidiobolus coronatus

Zygomycète de l'ordre des Entomophthorales,
famille des Entomophthoraceae,
BAKTO en 1964

Description

Thalle filamenteux.
Filaments de large diamètre ( 5 à 9 µm ), rarement septés.
Présence de sporophores ou conidiophores allongés donnant naissance à une spore sphérique à piriforme
de grande taille ( 15 µm sur 40 µm ) avec une papille basale conique de 2 µm de long.
Cette spore est éjectée avec force.
Des petites spores ( 7 à 12 µm ) peuvent se former secondairement autour d'une spore primaire.
Zygospores inconstantes.

Habitat

Les conidiobolus sont retrouvés dans le sol, sur les végétaux en décomposition.
Ce sont des saprophytes de l'humus et du terreau.
Si leur distribution est cosmopolite,
la maladie est surtout décrite dans les régions tropicales chaudes et humides,
notamment en Afrique Centrale ( République Démocratique du Congo, Nigéria, Cameroun ),
à Madagascar, en Inde et au Brésil.

Pouvoir pathogène

L'affection touche aussi les équidés ( chevaux, mulets ) et les chimpanzés.
La contamination est habituellement traumatique après inoculation ( grattage ) nasale.
Agent de la rhinophycomycose ou conidiobolomycose.
La maladie sévit à l'âge adulte.
Suite à son introduction par voie nasale,
le champignon se développe en formant un granulome muqueux endo-nasal
qui va progressivement envahir les sinus, le pharynx mais aussi les ailes du nez,
la lèvre supérieure et la face.
Au stade avancé, le nez est déformé donnant des formes souvent monstrueuses en "groin de tapir".
Au début, le patient se plaint d'obstruction nasale, d'épistaxis.
Les lésions sont en règle générale indolores.
Il n'y a pas d'envahissement lymphatique.
Les adénopathies satellites sont rares.
On décrit ( c'est exceptionnel ) des cas avec atteinte osseuse et ulcération de la cavité buccale.

Diagnostic

Repose sur l'examen direct et sur l'examen anatomo-pathologique.
Biopsies des lésions.

Examen direct : filaments larges coenocytiques de 8 à 20 µm de diamètre.
Après coloration à l'HES fragments de filaments mycéliens de 8 à 20 µm entourés d'un halo éosinophile
et autour une infiltration cellulaire riche en lymphocytes et en histiocytes.
Des micro-abcès et des cellules géantes sont aussi présentes.
La réaction fibreuse périphérique est importante.
Il n'y a pas de thrombose vasculaire.

Sans Actidione, la croissance est rapide surtout à 37 °C.
Les colonies sont plates, glabres puis deviennent plissées et poudreuses avec l'âge.
Couleur blanchâtre devenant brunâtre en vieillissant.
Revers chamois.

Filaments mycéliens larges de 8 à 20 µm peu cloisonnés.
Conidiophores cylindriques portant des conidies solitaires ( ou macroconidies ) subglobuleuses,
lisses, de 25 à 45 µm de diamètre, éjectables, avec une papille basale proéminente.
D'autres conidies plus petites ( microconidies ) peuvent être émises en couronne à partir d'une spore solitaire.

Il faut noter l'absence de spores adhésives.
On retrouve parfois des chlamydospores.
Certaines spores possèdent des villosités ou filaments en surface ( spores villeuses ).
Il n'y a pas de zygospores.

Diagnostic différentiel

- Basidiobolus sp.
- Conidiobolus incongruus : ce dernier est rare mais pathogène ( atteinte profonde ).
Il se différencie par l'absence de spores villeuses et la présence de zygospores à double paroi épaisse.
On visualise aussi des azygospores avec les becs de conjugaison.
La croissance est encore plus rapide à 37 °C.

Données complémentaires

Morphologie sur milieu de Sabouraud :
Spore primaire formée à l'extrémité d'un filament de 10 à 25 µm de diamètre.
Conidies secondaires.
Spore villeuse.
Conidiobolomycose.

Index de mycologie