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Comment une bactérie parvient-elle à persister dans l'articulation ?


résumé - texte intégral - bibliographie

Résumé :

Les récentes études de biologie moléculaire semblent montrer que, au cours de l'arthrite réactionnelle, la bactérie persiste de façon prolongée dans l'articulation sous une forme quiescente, sous laquelle elle sous-exprime ses protéines de surface les plus fortement antigéniques. Elle serait alors moins accessible aux défenses de l'organisme et au traitement antibiotique.

Le rôle du terrain génétique de l'hôte demeure mal connu. Les travaux menés sur des rats transgéniques exprimant B27 confirment l'implication de cette molécule dans la physiopathologie de l'arthrite réactionnelle et des autres spondylarthropathies. B27 n'interviendrait cependant peut-être pas (ou pas uniquement) comme molécule présentatrice d'antigène. La présence de la molécule B27 à la surface des cellules semble être associée à une moindre capacité à éliminer des organismes intra-cellulaires. B27 pourrait même être utilisé comme ligant par des protéines d'adhésion de Yersinia.

Enfin, un déficit de l'apoptose pourrait égement internvenir, l'apoptose étant impliquée dans l'élimination des cellules infectées.

 

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Mots clés : HLA-B27 - apoptose - bactérie - CD4+ - CD8+


Adaptation de la bactérie :

Différents travaux, menés sur des cultures cellulaires ou sur des prélèvements articulaires de patients porteurs d'arthrites associées à la présence de Chlamydia trachomatis parviennent à des conclusions similaires : la bactérie survit dans l'articulation sous une forme quiescente, non-réplicative, en limitant sa machinerie cellulaire aux fonctions essentielles de survie, et en cessant d'exprimer ses principaux antigènes de surface. Sous cette forme, la bactérie serait moins accessible aux défenses immunitaires de l'hôte, ainsi qu'aux antibiotiques.

 

Influence du terrain génétique de l'hôte :

Rôle de la molécule HLA-B27 :

L'association entre le risque de développer une arthrite réactionnelle et le phénotype HLA-B27 est connue depuis plus de 20 ans. Le rôle physiopathologique joué par la molécule HLA-B27 demeure cependant obscur. HLA-B27 n'est porté que par 8 % de la population caucasienne, alors qu'il est retrouvé chez 2/3 environ des patients présentant une arthrite réactionnelle. Il est intéressant de noter que la prévalence du groupe B27 varie notablement selon le germe responsable de l'arthrite : alors que seuls 40 à 60 % des patients présentant une arthrite réactionnelle secondaire à une infection à Chlamydia trachomatis, HLA-B27 est retrouvé beaucoup plus fréquemment chez les patients ayant une arthrite réactionnelle post-dysentérique, jusqu'à 80 à 90 % des cas d'arthrites réactionnelles induites par Shigella.

L'importance du terrain génétique dans les spondylarthropathies a été mis en lumière de façon magistrale par la réalisation de rats trangéniques exprimant HLA-B27 et la ß2microglobuline humaine. Ces rats développent une maladie inflammatoire chronique affectant le tube digestif, la peau, le tractus génital et les articulations axiales et périphériques. La sévérité de la pathologie est corrélée à l'importance de l'expression membranaire de la molécule B27. La flore bactérienne joue cependant un rôle essentiel dans le déclenchement de ce modèle pathologique : les rats transgéniques élevés en ambiance stérile ne développent pas de symptômes articulaires.

HLA-B27 est une molécule HLA de classe I. Il s'agit donc d'une molécule présentatrice d'antigène spécifiquement reconnue par un lymphocyte CD8+. L'hypothèse qui a longtemps prévalu est qu'un épitope partagé par les différentes bactéries associées aux arthrites réactionnelles et ayant une haute affinité pour B27 était présenté par cette molécule à un lymphocyte CD8+. Cependant, les clones cellulaires T réactifs isolés des prélèvements synoviaux de patients atteints d'arthrite réactionnelle se sont révélés être majoritairement des clones de lymphocytes T CD4+, comme dans la polyarthrite rhumatoïde, soit des lymphocytes normalement activés par un couple antigène-molécule HLA de classe II. Même dans le modèle des rats transgéniques exprimant B27, la réponse lymphocytaire CD4+ semble être prédominante.

Des travaux laissent à penser que B27 pourrait conférer un risque de développer une arthrite réactionnelle par d'autres mécanismes que la présentation d'antigènes :

HLA-B27 pourrait ainsi favoriser l'éclosion d'arthrites en diminuant la capacité de l'organisme hôte à éliminer certaines bactéries.

Place de l'apoptose :

L'apoptose est impliquée dans l'élimination des cellules infectées. Un déficit génétique de l'apoptose favorise le passage à la chronicité d'arthrites induites par Mycoplasma pulmonis chez la souris en interférant avec leur élimination rapide de l'organisme.

 

Conclusion :

Ainsi, les facteurs concourrant à la persistance de bactéries dans un gîte articulaire paraissent multiples. Certains relèvent d'un processus d'adaptation de la bactérie qui sembler détourner à son profit des éléments de la réponse immunitaire de l'hôte, d'autre relèvent de facteurs génétiques de susceptibilité, dont fait partie HLA-B27 vraisemblablement aux côtés d'autres facteurs qui restent à préciser.

 

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Bibliographie :

 

 

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