5 - Melles lez Tournai (Belgique)

dimanche 31 juillet 2016
par  DART François
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C’est dans cet établissement, que j’ai tenté d’obtenir le CAP d’Horticulture, option "Culture Maraichère".

Pour ce qui était des cours, c’était lorsqu’il faisait mauvais ou qu’il n’y avait pas de travaux à faire dans l’établissement, ce qui était assez rare !

Si bien que pour l’écrit, tout s’est bien passé, mais pour l’oral, je me trouve devant un parc de poireaux avec l’examinateur, qui me demande la date de plantation ...

Je ne saurais dire pourquoi j’ai répondu aussi vite ... le mieux serait de le demander à celui qui les a planté ... Cela n’a pas était apprécié ...

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L’institut a quitté Melles en 1960. Il a été démoli en 1999. Il y eut là un élevage de faisans …

Il a été reporté des articles sur la belle histoire d’enfants juifs cachés dans les greniers sous la plume d’Étienne Boussemart, dans les années 1990, et Daniel Marchant y consacre quelques pages dans son ouvrage.

Celui-ci est dédié à deux femmes qui, entre 1942 et 1944, firent plusieurs fois le trajet entre Charleroi et Melles, avec des enfants. Elles prenaient le train jusqu’à Tournai puis le tram jusqu’à Melles, où se trouvait l’institut Saint-Paul que dirigeaient des Salésiens ...

Ces études qui ont confirmé mon attirance pour tout ce qui touche à la nature, si elles ne m’ont pas apporté grand chose sur le plan pédagogique, mon surtout donné le goût du travail.

Car il ne fallait pas regarder mais faire, nous étions une bonne vingtaine d’apprentis jardiniers et le travail ne manquait pas pour subvenir à un établissement de plus de 300 personnes qui vivaient en quasi autarcie.

Entre la culture, l’entretien, la boucherie ... et j’en passe pas question de s’ennuyer ... Pour mémoire à cette époque un sac de pomme de terre en Belgique c’était 80 kilos ... n’est ce pas Jean-Marie Communal ...

A tour de rôle ou par volontariat, c’était selon, nous aidions le boucher, un élève pour un porc, deux pour un bovin ; abattage le matin et la journée se terminait par le portage des pièces de viande chez les sœurs salésiennes, espace strictement interdit aux garçons, sauf pour quelques cas particuliers ...

C’était une autre époque, nous n’étions pas malheureux, juste fatigué parfois ...

Je garde un souvenir ému de Monsieur Alfred, le professeur d’horticulture et de Monsieur Joseph son adjoint, qui indépendamment de ce qu’ils ont fait pendant la guerre pour le enfants juifs, nous ont donné le goût du travail bien fait.

Melles-lez-Tournai (Belgique)

INSTITUT SAINT-PAUL

1907 - 1962

A Melles-lez-Tournai (Belgique, province du Hainaut, diocèse de Tournai), petit village proche de la frontière française, près de Velaine, sur la route de Tournai à Frasnes (à 8 km de Tournai et 30 km de Lille), les salésiens ouvrirent en octobre 1908, l’Institut Saint-Paul, dans une grande maison située sur une propriété de 2,5 hectares. On l’avait transformée et aménagée, grâce à une coopératrice, Mlle Lebaudy.

1908-1913 : P. CRESPEL Henri, premier directeur. Il ouvre une école-orphelinat pour garçons de 7 à 13 ans (primaire jusqu’au Certificat), et accueille en même temps, dans une autre aile du bâtiment, l’oeuvre des vocations tardives de Froyennes. En 1909, il y a 25 « Fils de Marie » (vocations tardives) ; il seront 40 en 1912, dont 10 du diocèse de Verdun. En 1910, on compte 42 enfants à l’école.

1913-1914 : P. FESTOU Louis, directeur. Il est mobilisé en 1914 avec tous ses professeurs. Sur 50 vocations tardives, 43 seront mobilisés et 25 tués au combat. Les élèves sont envoyés à Tournai où P.Patarelli est directeur.

1914-1919 : P. PIERRE Arthur, résidant à la maison salésienne de Tournai exerce une direction « nominale » : la maison est occupée par la troupe allemande, puis bombardée ...

1919-1925 : P. CRESPEL Henri, directeur. Il rouvre en octobre 1919, après remise en état de la maison ! En 1921, on compte 105 primaires, 35 vocations tardives (issues des diocèses de Verdun, Lille, Beauvais, Cambrai, Strasbourg). En 1922, il y a 115 primaires, 20 sixièmes, 44 vocations tardives.

1925-1931 : P. PATARELLI Charles, directeur. En 1925, les effectifs de la maison sont de 120 primaires, plus une 6° et une 5°, et 46 vocations tardives. On peut signaler qu’en en 1926, le village compte 500 habitants et que l’effectif de la section des vocations tardives est de 62. En 1927, on termine la construction de la chapelle.

1931-1932 : P. CRESPEL Henri, directeur. Il remplace P. Patarelli pendant son repos forcé à Binson.

1925-1935 : P. PATARELLI Charles, directeur. En 1932, les vocations tardives partent à Maretz ; il y a alors 120 primaires, 60 secondaires (dont 36 en classe de sixième), 20 jardiniers, et 16 scolastiques salésiens. De 1932 à 1934, de jeunes salésiens vont régulièrement à l’Institut Catholique de Lille pour des études universitaires. Il y a, en 1934, des primaires, 83 latinistes, et des horticulteurs. Le P. Patarelli meurt le 07 juin 1935.

1935-1943 : P. DUBOCQUET Elisée, directeur. Il était déjà sur place depuis 20 ans. En octobre 1935, on lance la fanfare. En 1936, on présente la première « cuvée » au baccalauréat : 3/3 recus dont un avec mention ; il y a alors 67 primaires, 112 secondaires, et une section horticole qui se développe... Mais en 1940, c’est l’invasion allemande. De juin 1942 à juillet 1945, la maison es transformée en home familial pour enfants débiles belges : elle est confiée aux Salésiennes avec deux aumôniers salésiens : PP. Dubocquet et Darblay ; on y accueille 180 garçons de 8 à 14 ans. Le 22 avril 1943, c’est la mort du P.Dubocquet.

1943-1947 : P. DARBLAY Pierre, directeur. Il relance les cours normaux en 1943. Il accueillera dans l’école, durant la guerre, 80 juifs de 3 à 15 ans : pour ne pas éveiller les soupçons, on disait que c’était des jeunes qui venaient des villes bombardées. Parmi eux, citons les frères MACHNOWSKI (alias LEPLAT, Markus PARDES (alias Marcel HEYMANS) et deux, trop âgés, mais admis comme aide-jardiniers : Isaïe ROTBLAT et Maurice STARKMAN.

1947-1951 : P. D’HEYGERE Laurent, directeur. En 1948, P.Uyttendaele, salésien belge, arrive comme curé de Melles (432 habitants) : il va faire de l’église de Melles un centre de pèlerinage à Dominique Savio : il dédie un autel à Saint Dominique Savio ; puis en 1955, il installe une cloche de 500 kg portant cette inscription : « Je m’appelle Marie-Zélie-Albert. Je sonnerai toujours en l’honneur de la T.S. Vierge Marie et pour étendre le culte de Dominique Savio » (selon le Bulletin Salésien).

1951-1957 : P. PANSARD Louis, directeur.

1956-1962 : P. JOUAN Joseph, directeur. En 1961-1962, il y a alors deux cents élèves, mais on ferme l’établissement : les salésiens regagnent le France, et reprennent le collège diocésain de Bailleul (Nord) en y amenant une partie de leurs élèves.

Un cultivateur racheta la propriété, puis dans les années 2000, tous les bâtiments furent abattus : il ne reste plus de trace de l’œuvre…

Consulter :

BS août 1908 p218 : annonce d’ouverture

BS octobre 1908 p274-275 : ouverture faite ...

BS avril 1910 p106-107

BS mai 1932 : photo en page intérieure de couverture

BS janvier 1956 p8-9 : centre de pélérinage à Dominique Savio ; cloche ...

BS octobre-déc 1958 p105-107 : historique et vie

Histoire des fondations salésiennes de France, JM. Beslay, tome III p 97-101

BS octobre-déc 1962 p17 : départ pour Bailleul

BS juin-juillet 1983 p29 : une médaille bien méritée (P.Darblay/juifs)

DBF 116 janvier 1987 p13-17 : J’étais pensionnaire à Melles en 1937 (G.Nyckées)

Courrier de l’Escaut (journal du 19 juillet 1995-Tournai : A l’Institut des Pères de Don Bosco

Courrier de l’Escaut (journal du 30 novembre 1995-Tournai : Justes parmi les nations (juifs…)

Salésiens de Don Bosco

Historique rapide de la province :

Les salésiens en France

En 1874, Don Bosco rend visite à Nice au président de la Conférence St Vincent de Paul , Ernest Michel. En accord avec l’évêque une communauté de 4 salésiens vient s’installer le 9 novembre 1875 au Patronage Saint Pierre, » et foyer pour apprentis desservi jusqu’ici par la Conférence. Rapidement, ils y développent des ateliers de cordonnier, tailleur et menuisier. Trois ans plus tard deux salésiens reprennent à Marseille une petite école des Frères, qui devient l’Oratoire Saint Léon. Plusieurs autres essais se soldent par des échecs. La première colonie agricole est créée en 1878 à La Navarre, dans une maison que Don Bosco assure avoir vue en songe.

1881 : Création de la province

Il y a maintenant assez de salésiens en France pour créer une province religieuse de France dont le premier Provincial sera Don Albera en 1881. Le premier noviciat est institué en 1883 à Marseille, dans la maison de Mme Pastré. En 1884, les salésiens reprennent à Lille l’orphelinat St Gabriel, et à Paris le Patronage St Pierre, fondé lui aussi par les Conférences St Vincent de Paul et l’abbé Pisani, qui passe la main au Père Bellamy. A cette époque, l’Algérie faisait partie de la France, et les salésiens français s’y installent en 1891. Toutes ces œuvres se développent tellement qu’une seconde province voit le jour en 1896, avec pour centre Paris et comme provincial le Père Ronchail, le provincial de Lyon étant le P. Bologne.

1901 : Exil ou clandestinité

Mais en 1901, la loi contre les Associations religieuses divise les esprits. Le Nord choisit de demander une reconnaissance, qui lui est refusée : toutes les œuvres salésiennes de la province de Paris sont confisquées et les salésiens expulsés se réfugient en Italie, en Belgique, en Angleterre ou en Suisse. La province du Midi a préféré entrer dans la clandestinité en se sécularisant et en mettant toutes les œuvres aux mains de laïcs. Mais les pouvoirs publics ne sont pas dupes, et multiplient les tracasseries. A partir de 1906, il y a en France deux provinces et un seul provincial : le P. Virion. En tout cas, après la guerre de 1914, les choses se calment et les œuvres du midi sont sauvées. Les salésiens du Nord vont revenir progressivement, prenant de nouvelles œuvres. Le Père Dhuit qui était resté à Paris, continue le Patronage St Pierre. Les salésiens s’installent à Paris au Patro Ste Anne de Charonne, à Caen, Landser, Port à Binson, Lyon Fontanières, Roanne, Giel, Ressins, etc. En 1925, il y a à nouveau 2 provinciaux en France

Pendant la guerre de 39/45 la vie continue mais certaines maisons sont occupées, d’autres seront détruites, comme Caen. Le noviciat quitte La Guerche de Bretagne en 1949 pour s’installer à Dormans en Champagne. La maison de Melles en Belgique, ancien refuge de 1901, est abandonnée par les français qui prennent le collège de Bailleul dans le Nord vers 1962. L’évolution des lois scolaires avec l’état donne un souffle nouveau aux écoles. En 1962, l’Algérie devient indépendante. Les salésiens y maintienent leurs oeuvres jusqu’en 1976 où elles sont nationnalisées. Par contre, au Maroc, ils maintiennent une présence discrète.

1968 : nouveaux types de présence

Les événements de Mai 68 auront des conséquences tragiques. En 5 ans, les salésiens perdent 25% de leurs effectifs et les rentrées au noviciat tombent à une entrée par an en moyenne ; à partir de 1985, les décès sont de l’ordre d’une dizaine par an. Devant les baisses d’effectifs, les deux provinces sont fusionnées en une seule le 15 août 1999. Il n’y a presque plus de salésiens dans les écoles, mais les laïcs assurent la relève, grâce en particulier à la formation qui leur est fournie par le Centre Jean Bosco créé à Lyon en 2004.

Les salésiens en Belgique

A l’origine de l’œuvre salésienne en Belgique, il y a le désir exprimé par la Vierge à Don Bosco dans une vision du 7 au 8 décembre 1887. Elle lui dit textuellement : « Il est agréable à Dieu que les fils de Saint François de Sales aillent ouvrir une maison à Liège en l’honneur du Saint-Sacrement. » La maison de Liège fut en fait la dernière fondée par Don Bosco, et la première maison salésienne de Belgique ;

D’autres suivirent bientôt. A la veille de la Grande Guerre existaient les maisons de Liège (1891), Tournai (1895), Hechtel (noviciat fondé en 1896), Verviers (1900), Gand (1902), Grand-Bigard (Philosophie et théologie fondé en 1904) et Remouchamp (1907) ; plus trois maisons fermées depuis ; En 1911, six missionnaires salésiens s’installèrent à Elisabethville, au Congo Belge.

L’entre-deux guerres fut marqué par le retour en France des religieux expulsés par les lois de laïcisation, par l’accroissement du nombre de salésiens belges qui passent de 138 en 1920 à 354 en 1940, et la fondation de nouvelles maisons : Woluwé-Saint-Pierre (1925), Courtrai (1927) et l’organisation des maisons de formation. Grand-Bigard devient noviciat, la théologie est transférée à Grand-Halleux, puis à Vieux-Héverléen 1935.

L’après-guerre voit se développer les écoles professionnelles : Anvers, Saint Georges sur Meuse, Hal, Helchteren, souvent doublées d’une école secondaire. Et pendant les vacances, les salésiens animent une dizaine de plaines de jeu ou de colonies.

La province belge atteint 615 religieux en 1958, et se divise alors en 3 inspections : Belgique d’expression flamande, Belgique d’expression Française, et Congo Belge.

Avec la crise des années 68-75 le nombre des salésiens diminue fortement. La province d’expression flamande fusionne avec la Hollande pour donner la province Belge du Nord (BEN). Et en 2008 la province francophone fusionne avec la Province de France donnant la province Saint François de Sales (FRB)

III. Depuis 2008

La Belgique vivant le même problème de vocations, le Conseil Supérieur de la Congrégation a décidé en 2008 de regrouper France et Belgique Sud dans une province unique, sous le patronage de St François de Sales.


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