L'allergie aux arachides
Quelques propos et commentaires.
Suivi
Liens
reliés
Questions
Bibliographie
L'idée de regarder de plus
près le problème plutôt complexe de l'allergie
aux arachides fait suite à une attention particulière donnée à cette
allergie par les médias.
Cette attention était en partie le résultat d'un grand
nombre de publications dans la littérature médicale.
Les conclusions des auteurs parfois "alarmantes" ou "effrayantes", selon les commentaires de
certains. Des reportages dans les médias et magazines comme Time, ou Newsweek etc ...
soulignaient ce qui semble être une augmentation de l'incidence de l'allergie aux arachides, sur la
nécessité d'interdire les arachides dans certaines collectivités ...
L'effet de cette attention à l'allergie aux
arachides a peu marqué la population chez nous et pourtant ...
la communauté médicale en semble peu informée dans ma région.
Il y a un certain calme tant dans la
littérature médicale que dans les médias,
bien que l'allergie aux arachides soit toujours avec nous
comme elle l'a toujours été -- les réactions
ne sont pas toutes anaphylactiques, dans bien des cas minimes,
survenant surtout chez le très jeune enfant, mais souvent
considérées comme potentiellement
sévères et traitées comme telles.
Cette page témoigne des différences intervenant d'un continent à l'autre en fonction des
habitudes alimentaires.
Elle est tout de même destinée à sensibiliser la population sur cette allergie inprévisible,
mais aussi dans l'espoir de diminuer les craintes qui ont
été générées.
Historique
L'histoire de l'allergie aux aliments a deux volets : le
développement de l'allergie et sa disparition
éventuelle, selon les observations, tant chez l'enfant que
chez l'adulte. Les très jeunes enfants avec des allergies
alimentaires confirmées au lait, aux oeufs ou au soya, tendent
à perdre leurs allergies en grandissant, même dans le cas
de réactions anaphylactiques.
Toutefois, les observations avec certains aliments, tels que les
crustacés, les noix et les arachides sont
différentes. Selon Bock et Atkins, les enfants avec
allergie aux arachides tendent à garder leur allergie pendant
très longtemps.
Fréquence de la survenue de cette allergie :
1) Fréquence surprenante chez les jeunes enfants avant l'âge d'un an
puis de façon dégressive
entre un et quatre ans
2) l'allergie persiste
3) les ingestions accidentelles sont courantes (45%)
4) les réactions peuvent nécessiter des traitements
d'urgence.
Caractéristiques
particulières de l'allergie aux arachides :
- Elle est caractérisée par des
symptômes plus sévères que pour d'autres
aliments et par des taux plus élevés de symptômes
suite à un contact minime. Une sensibilisation occulte, inconnue semble fréquente.
- Les tests d'allergie et taux
sanguins d'anticorps IgE spécifiques à l'arachide (RAST
ou radio-allergo-sorbent test) ne sont pas un indicateur de la
gravité des symptômes.
- L'hypersensibilité immédiate aux arachides est une
cause fréquente de réactions anaphylactiques et
décès chez les enfants et adultes.
- Des réactions allergiques sévères
causées par des aliments ont été
rapportées en Suède depuis 1993. Soixante cas, dont
cinq décès, survenus durant la première
période de trois ans. Plus de 70% de toutes les
réactions rapportées étaient causées par
les arachides, le soya, les fèves, et les noix incluant les
amandes. Dans seulement 13% des cas rapportés, les
patients étaient plus âgés que 17 ans ... plusieurs
des réactions étaient extrèmement
sévères, incluant l'asthme, surtout chez les enfants et
adolescents causées par les arachides.
- Zimmerman et coll. ont rapporté en 1989 un test de RAST positif
à l'arachide chez 64 % d'enfants qui n'ont jamais
été exposés aux arachides.
re : valeur du test
cutané à l'arachide chez des enfants qui n'ont jamais
consommé des arachides.
Il a été rapporté que chez un groupe de 20 enfants (moyenne
d'âge de 5.5 ans) qui ont montré un test positif à
l'arachide n'avez jamais consommé des arachides en tant que telle.
Les tests à l'arachide ont
été faits soit à cause d'histoire familiale
d'allergie à l'arachide, à la demande des parents,
à cause de dermite atopique ou associé à
d'autres tests d'allergies. Le but de l'étude était
d'évaluer la spéficité, la sensibilité du
test cutané chez des enfants ayant subi une provocation orale
avec l'aliment, challenge aveugle, avec contrôle placebo. Les
tests cutanés étaient considérés positfs
si la papule mesurait 3 mm > que le contrôle négatif.
Tous les enfants avaient un test positif à l'arachide
malgré aucune consommation d'arachide, et depuis, diète
stricte sans arachides. La provocation (challenge) était
offert aux enfants pour évaluer si le test cutané
était une indication d'allergie réelle. L'âge
moyen des enfants était 5.5 ans. Des 20 sujets, 6 ont eu
des challenges positifs. La dimension de la papule aux tests
cutanés chez ces six patients était 10.66mm (marge
7-14mm) tandis que chez les enfants avec challenge négatif la
papule mesurait 7.57mm (marge 3-15mm). La valeur prévisible
positive d'un test cutané de > 3mm était: 33.3%.
Cette valeur prévisible augmentait à 46.1% avec un test
cutané mesurant > 6mm.Tous les sujets positfs avaient
un test cutané > 6mm. On a observé aucune
corrélation entre la présence d'asthme, de dermite
atopique ou autre allergie alimentaire. On conclut que la faible
valeur prévisible d'un test positif à l'arachide chez
des enfants n'ayant jamais réagit cliniquement
réaffirme le besoin de faire des provocations orales chez ces
enfants avant de poser un diagnostic d'allergie franche à
l'arachide.
- Alt, Ramesh, and Reisman, lors du
congrès annuel de l'American Academy of Allergy, Asthma &
Immunology (AAAA&I) en fév. 1997, ont
présenté un cas d'anaphylaxie chez un bébé de 6 mois,
suite à l'ingestion d'une partie d'un craquelin contenant des
arachides. L'histoire ne révélait aucune exposition
antérieure aux arachides, mais le RAST est revenu Classe 5
(résultat très élevé !)
- On estime que l'allergie aux arachides seraient la cause d'un
tiers des réactions anaphylactiques traitées à
la salle d'urgence.
- L'anaphylaxie aux arachides est une maladie potentiellement
quasi-fatale ou fatale compliquée par le fait que les
arachides ainsi que d'autres aliments sont couramment
utilisés comme adjuvants dans la préparation
d'aliments, ou comme ingrédient caché.
Les arachides sont souvent ajoutées dans la crème
glacée, les biscuits et les amuse-gueules. Les mets chinois,
la cuisine orientale en général, les friandises, les
soupes, les céréales, les pâtisseries peuvent
tous contenir des arachides.
En fév. 1997, au congrès annuel de l'AAAA&I,
selon Norlee et coll. utilisant un test ELISA ('enzyme-linked
immunosorbent assay') ils ont analysé des
préparations alimentaires pour connaître leur contenu
en arachides. Les étiquettes rapportaient soit :
a) contenant des arachides, comme dernier ingrédient sur la
liste,
b) pouvant contenir des arachides, et
c) aucune mention
d'arachides dans le contenu.
Résultats pour :
a): allant de
non détectable (ND) à 5000 ppm (parties par
million);
b): ND à 1200 ppm;
c): ND à 4000
ppm. (on peut détecter des traces d'arachides dans beaucoup
d'aliments)
Brett GM, Bull VJ, Morgan MR
rapportent une étude sur les arachides et les graines de
sésame en utilisant l'ELISA ... Le problème de la
détection d'allergènes "cachés" dans les
préparations alimentaires est une souci pour l'industrie
de l'alimentation ainsi que pour le consommateur actuellement.
Qui pourrait bénéficier le plus de telles
analyses et de quelle façon ces tests pourraient
être disponibles, sont des questions clés pour
les évaluateurs d'aliments.
Dans le numéro d'oct. 1998
de la revue Allergy, Hourihane souligne, devant les
réactions sévères reliées aux
arachides entre autres ... le besoin d'un meilleur contrôle
médical en ce qui regarde l'étiquettage dans
l'industrie de l'alimentation et de la restauration
Les allergies alimentaires,
particulièrement à l'arachide, sont une cause
fréquente d'anaphylaxie. Aux Etats-Unis, il y a près
de 125 décès annuellement dus à l'anaphylaxie
reliée à l'allergie alimentaire ...
L'anaphylaxie est caractérisée par des signes et
symptômes respiratoires, cutanés, cardio-vasculaires,
et gastro-intestinaux survenant soit seul ou en combinaison.
- La plus petite dose de protéine alimentaire à
laquelle des sujets avec allergie alimentaire ont réagit dans
des études de provocation double aveugle, avec groupe
contrôle placebo (signifiant que le médecin et le
patient ne savent pas si l'aliment ou un placebo [ou rien]
est utilisé dans le test [l'aliment et le placebo sont
identiques en apparence], et un groupe de non-allergiques agit
comme contrôle), est entre 50 et 100 mg. Toutefois, des sujets
avec allergie aux arachides souvent rapportent des réactions
sévères suite à contact avec des
quantités minimes d'arachides, même à travers la
peau intacte. Dans un groupe de sujets typiques, très
sensibles aux arachides, le seuil de la dose d'arachides varie.
Aussi peu que 100 microgrammes de protéine d'arachides peut
provoquer des symptômes chez certains sujets ayant une allergie
aux arachides.
Il est possible de dire : " In Peanut
Allergy : How much peanut is too much ? " ( dans l'allergie aux
arachides : combien est trop ? ).
- Dans le numéro de sept. 1998 de Clinical and
Experimental Allergy, Moneret-Vautrin, et coll. rapportent une
évaluation de 142 observations d'allergie aux arachides en
France.
Les manifestations cliniques étaient :
- la dermite atopique (eczema) (40%)
- l'angioédème (serrement et enflure à la
gorge) (37%)
- l'asthme (14%)
- le choc anaphylactique (symptômes cutanés,
respiratoires et cardio-vasculaires) (6%)
- symptômes digestifs (1.4%)
Rance F et Dutau G, co-auteurs de l'article ci-haut de Sept
1998 viennent tout juste de publier (Avril, 1999) "Peanut
hypersensitiviy in children" ("L'hypersensibilité à
l'arachide chez les enfants") dans Pediatr Pulmonol
Suppl. :
- de 132 enfants hypersensibles à l'arachide,
âgés de 6 mois à 15 ans, confirmés par
"challenge buccal" (test de provocation), plus de la
moitié ont été diagnostiqués avant
l'âge de trois ans.
- la principale manifestation était la dermite
atopique (43.1% des cas). Autres manifestations:
raucité de la voix (34.8%), l'asthme (13.6%),
réaction anaphylactique (6%), sympt.
gastro-intestinaux (1.5%), syndrôme buccal ("Oral allergy
syndrome") (0.7%)
- tous les patients avaient des tests cutanés positifs,
avec un diamètre de la papule de 8mm (moyenne; la marge
étant de 2 à 25mm); le diamètre de la
réaction était plus petit chez les très
jeunes enfants < un an (moyenne: 4.5mm).
- la concentration d'IgE spécifique était <
0.75 IU/ml chez 16 cas (14.3%), la moyenne pour tout le groupe
était 30.9IU/ml (marge: 0.75 à 100 IU/ml).
- des "challenges" n'ont pas été faits chez 3 des
enfants avec histoire d'anaphylaxie.
- un test labial (contact de l'aliment avec les
lèvres) était positif chez 85 cas (64.8%)
- un "challenge" buccal a été fait chez 45 enfants
(34.3%) et la dose moyenne pour obtenir une réaction
s'est situé à 850 mg (marge: 1 mg à
7gm).
- deux des enfants ont eu un test labial positif aussi
à l'huile d'arachides, fait sur 50 enfants (4%) et
17 de 63 enfants (29.9%) qui ont subit un challenge buccal
ont eux-aussi montré une sensibilité à
l'huile d'arachides.
- la moitié des enfants ont montré une
hypersensibilité aussi à d'autres aliments,
confirmée par "challenge buccal" (53.7%), ainsi qu'à
des aéro-allergènes (inhalants) (62.8%)
-
- Les auteurs concluent : L'hypersensibilité chez des
très jeunes enfants soulève des questions au sujet
de la façon que la sensibilisation survient. Le
diagnostic a été confirmé par "challenge".
Les préparations contenant des arachides sont très
difficiles à éliminer de la diète à
cause d'un étiquetage inadéquat. Un test ELISA,
disponible dans bien des pays, peut être utilisé pour
déceler l'allergène.
-
-
- Dans le numéro de déc. 1999 du
Anaphylaxis Network newsletter, apparaît un article
sur l'anaphylaxie alimentaire par le docteur Wesley Burks, de
l'University of Arkansas. Voici la traduction d'une partie de ses
commentaires: "Il n'est pas rare, particulièrement dans
le cas d'enfants allergiques aux arachides qui ont
manifesté des symptômes minimes cutanées et
gastro-intestinaux en bas âge, d'avoir des réactions
généralisées anaphylactiques durant
l'adolescence suite à ingestion d'arachides."
Lien entre les arachides,
les noix et le soya
- En juillet 1998, Sicherer, Burks et Sampson, ont
évalué 122 patients (63% de sexe masculin; âge
moyen, 8 ans) ayant eu au moins une réaction aigue aux
arachides ou/et aux noix (histoire convaincante de réaction
portant sur un système de l'organisme survenant en moins de 60
min. suite à l'ingestion) par un questionnaire, examen, et
tests sérologiques (sanguins) pour la présence
d'anticorps IgE spécifiques à l'arachide. Leurs
enquête a démontré ceci :
- 68 ont réagit qu'aux arachides
- 20 ont réagit qu'aux noix
- 34 ont réagit aux arachides et aux noix.
- De ceux qui ont réagit aux noix, 34 ont réagit
à une noix, 12 à deux, et 8 à trois ou plus
de noix, surtout les noix de grenoble, amandes et pacanes.
- Les premières réactions sont survenues à
la maison (âge moyen 24 mois pour les arachides, et 62 mois
pour les noix, et il s'agissait de la première
exposition dans 72% des cas (aucun contact avec arachides
auparavant).
- Dans 89% des réactions, ils s'agissait d'urticaire ou
angioédème.
- Dans 54% des réactions, symptômes respiratoires
(wheezing, toux saccadée, dyspnée (essoufflement) et
serrement pharyngé).
- Dans 32% des réactions, symptômes
gastro-intestinaux (vomissements et diarrhées.)
- Deux systèmes de l'organisme atteints dans 31% des cas
lors de la première réaction, et les trois
systèmes dans 21% des réactions.
- 38 des 190 premières réactions ont
été traitées avec injection
d'épinéphrine (adrénaline).
- L'ingestion accidentelle est survenue dans 55% des enfants
allergiques aux arachides (en moyenne, deux accidents par patient
et dans 30% des allergiques aux noix sur une période de 5
années et demie.
- En général, les symptômes suite
à ingestion accidentelle étaient semblables à
ceux de la réaction initiale. Les accidents sont
survenus surtout à l'école, mais aussi à la
maison et aux restaurants. La modalité des accidents
était soit le partage d'aliments, comme
ingrédients cachés, contamination croisée, et
lors de projets à l'école utilisant le beurre
d'arachides.
- 83% des enfants avaient été allaités,
et dans plus de 90% des cas, les mères consommaient des
arachides et au moins dans le cas d'une mère, des noix
durant l'allaitement.
- Chez les patients rapportant une absence d'exposition
antérieure aux arachides et aux noix, des anticorps IgE
spécifiques ont été démontrés
chez 50% à 82% des cas à une noix, et 100% des cas
aux arachides.
Conclusion des auteurs :
- des réactions aigües aux arachides surviennent
tôt dans la vie
- les réactions aux arachides et aux noix co-existent
dans 33% des enfants allergiques aux arachides,
- les réactions surviennent souvent lors du premier
contact, et peuvent être dangereuses à la vie,
nécessitant des traitements d'urgence
- les ingestions accidentelles sont usuelles, survenant
fréquemment hors de la maison, et souvent
nécessitent un traitement urgent.
- Par conséquent, un diagnostic précoce suivi
d'éducation sur l'évitement et les mesures de
traitement (incluant l'auto-administration d'adrénaline)
sont essentiels.
Commentaires :
Dr. H. Blumer : Au Québec, nous
voyons plus de réactions allergiques aux noisettes
qu'à d'autres noix. (oct. 1998)
- Voir aussi, un peu plus bas : "Prevalence of peanut and
tree nut (TN) allergy in the US determined by a random digit dial
telephone survey."
-
- Pumphrey et coll. dans le numéro de Sept 1999 de Clin Exp
Allergy, "ont évalué le pattern de taux d'IgE
spécifique à trois noix ayant un lien de
parenté lointain (l'arachide, la noisette et la noix du
Brésil) chez des patients de tout age ayant une histoire
d'allergie aux noix. De 1994 à 1998: 731 patients
(agés entre 7 mois et 65 ans, moy. 6.6 ans) ont
montré un taux d'IgE (> 0.35kUA/L) à au
moins une des trois noix: 282 à une noix, 130 à
deux noix, et 319 aux trois noix. . . des patterns très
semblables ont été démontrés dans tous
les sous-groupes. . .
Conclusion : un patient allergique aux
noix a des bonnes chances d'avoir un taux d'IgE à une
combinaison particulière d'arachide, noisette et noix du
Brésil, quelque soit son âge ou sexe.
L'augmentation apparente de réactivité multiple
avec l'âge peut alors être due à l'exposition
à une sensibilité non-provoquée auparavant.
La fréquence de spécificité à
multiples noix est suffisemment élevée que les
patients devraient être évalués pour allergie
à une gamme de noix s'ils ont une histoire d'avoir
réagit à une noix.
-
-
-
- Re noix 'macadam' :
-
- Au congrès annuel de l'AAAA&I qui a eu lieu
à San Diego, du 3 au 8 mars, 2000, RM Harris, MD rapporta
un cas d'anaphylaxie causée par les noix macadam,
une noix Australienne provenant de macademia intergrifolia,
tetraphylla et leurs hybrides. L'huile de noix macadam est
maintenant disponible comme substitut pour des raisons de
santé. Les extraits de cette noix n'étant pas
disponibles, des tests d'allergie cutanés ont
été faits utilisant la noix fraîche. Une
réaction fortement positive (4+) a été
obtenue avec non la surface de la noix mais avec la pulpe. Il
s'agit du premier rapport d'anaphylaxie causée par les noix
macadam, et souligne la nécessité de
considérer tests d'allergies cutanés utilisant des
"aliments frais" si des extraits commerciaux ne sont pas
disponibles.
-
- Au même congrès, Sutherland et associés
rapportaient aussi un cas d'anaphylaxie à la noix
macadam chez une patiente de 18 ans suite à consommation
d'un gâteau à l'orange préparé avec une
pâte de noix macadam. Le test cutané utilisant
l'aliment frais, un mois plus tard, était fortement
positif, la papule mesurant 30 mm, et des épreuves
immunologiques (immunoblotting) ont démontré la
présence d'un protéine reliée aux noisettes.
Les auteurs recommande aux patients allergiques aux noix
macadam d'éviter aussi les noisettes.
-
-
- Etude récente venant de la Suède,
rapportant des réactions sévères
causées par l'allergie alimentaire: A study on severe
food reactions in Sweden -- is soy protein an underestimated cause
of food anaphylaxis ?
Selon le résumé: "suite à un
décès en Suède d'anaphylaxie au soya en 1992,
une enquête a été entreprise l'année
suivante demandant à tous les médecins de rapporter
toute réaction causée par les aliments.
Résultats des 3 premières années: 61 cas de
réactions sévères reliées à des
aliments ont été rapportées, dont cinq
décès. Les arachides, les noix et le soya ont
causé 45 réactions dont 4 fatales. Incluant deux cas
qui sont survenues avant 1993, en tout 2 cas de
décès causés par les arachides, et 4
décès causés par le soya. Les 4 enfants
décédés d'anaphylaxis au soya avec asthme
étaient très allergiques aux arachides mais
n'avaient pas d'allergie connue au soya. Dans la plupart des cas,
il y avait une pédiode de 30-90 min entre des
symptômes légers et un asthme sévère se
détériorant rapidement.
CONCLUSIONS : Le soya a
probablement été sous-estimé comme cause
d'anaphylaxie alimentaire. Ceux à risque semblent
être des jeunes avec asthme et allergie aux arachides
tellement sévère qu'ils notent des symptômes
suite à un contact indirecte".
-
-
-
- Lien entre les arachides et le
lupin
-
- - Au congrès annuel de l'AAAA&I qui a eu lieu
à San Diego du 3 au 8 mars, 2000, Kanny a rapporté
une crise d'asthme aigue causée par allergie au lupin
(lupinus albus) une légumineuse, chez un patient allergique
à l'arachide. Le patient manifeste de l'asthme en
contact avec les arachides. La farine de lupin est présente
dans certains aliments, acceptés en France depuis 1997. Les
tests d'allergies à la farine crue et cuite étaient
positifs ainsi que les taux d'IgE spécifiques. Un challenge
oral était aussi positif avec 965 mg de farine de lupin
(quantité contenue dans 100 gm de pain.) Aussi
publié dans Rev Med Interne.
-
- Une recherche de Medline (PubMed) a
révélé plusieurs publications sur le lupin,
beaucoup sur sa toxicité, mais quelques-unes sur l'allergie
au lupin chez les allergiques à l'arachide.
-
- - Hefle, Lemanske et Bush rapportent dans "Adverse reaction
to lupine-fortified pasta" en 1994 le cas d'une fillette de
5 ans avec allergie connue à l'arachide qui aurait
manifesté de l'urticaire et angioédème
suite à l'ingestion de pâte alimentaire de type
spaghetti qui contenait de la farine de graines de lupin.
La pâte a été analysée pour des
tests immunologiques chez des patients présentant une
allergie à l'arachide dans le but d'évaluer si de
tels sujets seraient à risque semblable. Des tests
d'allergie étaient positifs aux extraits de la
pâte de lupin chez 5 de 7 sujets allergiques à
l'arachide, qui aussi avaient des réactions adverses
avec les pois verts; des tests RAST aussi étaient
fortement positifs, et les études immunologiques ont
démontré cette allergie chez les allergiques
à l'arachide.
- En octobre 1999, dans le Journal of Allergy and Clinical
Immunology, Moneret-Vautrin et coll. ont publié leur
étude sur le risque d'allergie croisée au lupin
chez les patients allergiques à l'arachide et sur
l'allerginicité du lupin.
- Résultats : les tests d'allergie avec le lupin
étaient positifs chez 11 de 24 sujets (44%); des
challenges positifs chez 7 de 8 sujets; l'allergène
majeur de la farine de lupin (pds moléc. 43kd) est
présent dans les arachides.
Conclusion : le risque d'allergie croisée
lupin-arachide est élevé, contrairement au risque
avec les autres légumineuses. Le contenu de 10% de
lupin dans la farine de blé sans étiquetage
spécifique rend le lupin un allergène caché,
devenant un risque majeur de réaction croisée chez
les sujets déjà allergiques aux produits contenant
des arachides. Un potentiel élevé de sensibilisation
peut aussi être postulé pour cette
légumineuse.
- En novembre 1999, un group de l'Espagne (Matheu et coll.) a
publié le cas d'une réaction anaphylactique due
au lupin, dans Annals of Allergy, Asthma and
Immunology. Les tests d'allergie et études
immunologiques ont démontré: un test cutané
positif au lupin et une réactivité croisée
avec d'autres légumineuses, malgré que le patient a
toléré une provocation orale avec l'arachide ainsi
qu'avec les fèves vertes, mais avec les pois. Les auteurs
concluent que des différences ont été
démontrées entre l'aspect clinique et les
études de laboratoire faits sur l'arachide. Les
facteurs qui déterminent cette grande variabilité
dans la réaction croisée chez certains individus
demeurent inconnus.
Sensibilisation à
l'arachide
possible durant la grossesse, probable durant
l'allaitement:
- Un communiqué du Department of Health, Committee on Toxicity
of Chemicals in Food, Consumer Products and the Environment, de
Wetherby, North Yorkshire, a été rapporté le
27 juin, 1998, dans le British Journal of Medicine,
intitulé "Women warned to avoid peanuts during pregnancy
and lactation." (Les femmes devraient éviter les
arachides durant la grossesse et l'allaitement). Selon John
Warner, professeur de santé chez l'enfant de
l'Université de Southampton et un membre du groupe de
travail du gouvernement sur l'allergie aux arachides, il y aurait
un lien entre la consommation d'arachides durant la grossesse et
l'allaitement et l'incidence plus précoce et plus
fréquente d'allergie. L'évidence obtenue de
fétus avortés auraient démontré
qu'à partir du deuxiéme trimestre le fétus
est capable de produire une réaction allergique. Il y a
plusieurs théories comment la sensibilisation survient ...
les antigènes de la mère peuvent être
transmis par le sang maternel à travers la barrière
placentaire...le fétus peut avaler l'IgE du liquide
amniotique
.
- Suite à la publication de
l'article dans le British Medical Journal du 27 juin, 1998,
un commentaire par Pamela W Ewan a paru dans le Lancet le 4
juillet, 1998, intitulé "Prevention of peanut allergy" dans
lequel elle note que le rapport du comité disait que les
femmes enceintes "désireraient" éviter de consommer
des arachides...elle souligne l'importance de l'allergie aux
arachides comme cause courante d'anaphylaxie...sa
prévalence ayant augmenté considérablement
... et pour ce qui est de la sensibilisation in utero (durant la
grossesse), il n'y a pas d'évidence convaincante selon des
études prospectives que la manipulation de la diète
maternelle durant la grossesse ait un effet durable sur le
développement d'allergie alimentaire. Des données
indirectes suggèrent que l'allaitement serait une voie plus
probable de sensibilisation primaire, mais ce point reste à
déterminer.
Dans le numéro du 29
août, 1998 du Lancet, Deborah E Fox, Gideon Lack,
ainsi que Richard S H Pumphrey, Phillip B Wilson, et Amolak S
Bansai, répondent au commentaire d'Ewan. Dans la
première lettre, les auteurs sont d'accord avec Ewan qui
demande d'autres études pour que "les mesures de
santé publique soient basées sur des données
plus concrètes" ... et que les directives aient
causé des appréhensions chez les mères ayant
des enfants allergiques aux arachides. Les auteurs dans la
deuxième lettre suggèrent que les directives
soient appliquées aussi à toutes les noix.
- - Dans
une étude de février 1999 provenant de Cape Town,
Afrique du sud, les auteurs ont démontré que :
- les mères qui consommaient des arachides plus
qu'une fois par semaine durant la grossesse avaient plus de
chance de donner naissance à un enfant allergique
à l'arachide que si elles en consommaient moins d'une
fois par semaine.
- Les arachides ou le beurre d'arachide ont
été introduits dans la diète de l'enfant
à une âge plus jeune dans le groupe d'enfants
allergiques à l'arachide dans l'étude.
- Ils ont noté une corrélation entre
l'âge d'introduction d'arachides et l'âge du
début des manifestations chez les sujets allergiques
à l'arachide
- L'allaitement maternel exclusif ne protégeait pas
contre le développement de sensibilisation à
l'arachide.
- L'allergie à l'arachide est associé
à un risque plus élevé de sensibilisation
à d'autres aliments..
Autres voies de sensibilisation :
- - Dans
la même publication de février 1999, une étude
venant de Suède a conclut que la sensibilisation
à l'arachide par la consommation de vitamine A et D dans
des préparations à base d'huile (incluant l'arachides)
était peu probable ...
- - Une suggestion a été faite lors du congrès
annuel de l'AAAA&I à Washington, DC, en mars, 1998, par
Lack G et coll. que la sensibilisation surviendrait topiquement
par l'application de crèmes pour eczema ou
onguents appliqués sur les mamelons par les
mères qui allaitent leus nourissons, préparations
contenant de l'huile d'arachides.
Incidence des allergies
alimentaires
- L'incidence ou prévalence des allergies alimentaires,
particulièrement aux arachides, n'est pas connue.
- Chez les jeunes enfants approx. 1.3% et 0.3% chez les
adultes.
- Les vraies allergies alimentaires sont moins prévalentes
que généralement présumées. Elles sont
plus courantes chez les nourissons et enfants âgés de
moins de trois ans que chez les enfants plus âgés et les
adultes. Les coliques du nourisson ne sont pas
généralement dues à des allergies alimentaires.
Chez les nourissons, l'urticaire, l'eczema ou les hémorragies
gastro-intestinales peuvent être causés par allergie au
lait et aux oeufs, mais la tolérance clinique habituellement
se développe en dedans de quelques années. Les
arachides, les noix, les fruits de mer et les grains, aussi bien que
le lait et les oeufs, peuvent causer l'anaphylaxie chez les enfants
très allergiques, et la ré-exposition à ces
aliments peut être un risque de réactions mettant leur
vie en danger.
- Approximativement 5% des enfants de moins de 3 ans et 1.5% de la
population en général présentent des
réactions allergiques alimentaires, soulignant le fait que
près de 4 millions d'américains souffrent d'allergies
alimentaires.
- Une dichotomie existe entre l'allergie alimentaire perçue
et celle confirmée par des études de provocation
appropriées. Seulement 40% des allergies alimentaires
soupçonnées ont été confirmées par
des 'challenges' double-aveugle, avec contrôle placebo. Dans
une enquête récente de 5000 familles américaines,
le pourcentage d'individus rapportant une allergie aux arachides
était 7.2%.
- L'allergie aux arachides représente 28% des allergies
alimentaires et survient chez l'enfant de moins d'un an dans 46% des
cas, et de moins de 15 ans dans 93% des cas.
- Ewan rapporte 62 cas d'allergie
à l'arachide et/ou aux noix évalués sur une
période d'un an. L'arachide était la cause de
près de 50% des cas, avec 55% des manifestations survenant
vers l'âge de 2 ans et 92% avant l'âge de 7 ans.
- Voici une toute récente publication (Journal of
Allergy and Clinical Immunology, Avril 1999) par Sicherer,
Munoz-Furlong, Burks et Sampson, intitulée "Prevalence of
peanut and tree nut (TN) allergy in the US determined by a random
digit dial telephone survey." ("La prévalence d'allergie à l'arachide et aux
noix aux Etats-Unis selon un sondage au hasard par
téléphone") Le titre semble très ordinaire, mais
l'article est à lire - les conclusions sont très
significatives :
- Un total de 4374 résidences ont été
contactées par téléphone. Il y a eu 67% de
participation, représentant 12,032 personnes.
- L'allergie aux arachides ou aux noix a été
auto-rapportée chez 164 individus (1.4%) ... la
prévalence d'allergie rapportée chez les adultes
(1.6%) était supérieure à celle
rapportée chez les enfants âgés de moins de 18
ans (0.6%).
- Chez 131 individus, les détails des réactions
ont été obtenues. Lorsque des critères de
réactions typiquement atopiques (médiées par
l'anticorps IgE, telles qu'urticaire, angioédème,
wheezing, oedème pharyngé, vomissement, et
diarrhées) étaient appliqués, 10% de ces
sujets ont été exclus.
- Des 118 sujets acceptés, les réactions
étaient reliées aux arachides chez 58, aux noix de
grenoble chez 24, noix d'acajou chez 8, noix de Brézil chez
8, amandes 7, pacanes 7, noisettes 3, et noix macadames 2, noix
mélangées non identifiées 6. (Seulement 4
[tous des adultes] ont rapporté une réaction
aux arachides et noix, et 5 ont rapporté une
réaction à plus d'une noix) Les manifestations
touchaient :
- seulement un système (cutané,
respiratoire, ou gastro-intestinal) chez 50 personnes
(42%)
- 2 systèmes chez 45 sujets (38%),
- et les trois systèmes chez 23 patients
(20%).
- 45% de ces 118 répondants ont rapporté plus
de 5 réactions à date. . .
- Des manifestations atopiques (d'autres allergies)
étaient courantes :
- 51% avaient d'autres allergies alimentaires
- 35% avaient la dermite atopique (eczema)
- 34% avaient aussi de l'asthme
- 33% avaient la rhinite allergique ... [94% des sujets
avaient au moins une de ces maladies atopiques.]
Conclusions :
L'allergie à l'arachide et / ou aux
noix affecte approximativement 1.1% de la population
générale, ou à peu près 3 millions
d'américains, ce qui représente un problème
de santé significatif. Malgré l'intensité des
réactions, près de la moitié des sujets n'ont
jamais recherché une évaluation médicale, et
seulement quelques-uns avaient de l'épinéphrine
(adrénaline) en leur possession en cas d'urgence.
Deux éléments de cette étude sont
nouveaux :
- Premièrement, seulement 4 sujets (tous des adultes) ont
rapporté une allergie aux arachides ainsi qu'à une
noix. Les études antérieures portant sur des
patients référés pour investigation
allergique auraient rapporté une sensibilité aux
noix chez 20% et chez 34% d'allergie aux arachides.
- Le deuxième élément nouveau est que ces
allergies étaient rapportées davantage chez des
adultes, contrairement à ce qui a toujours
été reconnu que l'allergie était plus
évidente chez l'enfant (7%) que chez l'adulte (1 à
2%).
Parce que l'allergie aux arachides et aux noix ne disparaît
pas spontanément avec l'âge,
il n'est pas surprenant de voir plus d'allergie chez des adultes,
une population qui démontre l'accumulation des sujets
affectés.
- Commentaire additionnel :
- Bien que l'étude n'était qu'une
enquête par téléphone, selon un questionnaire
standardisé, faite par un groupe de professionnels
(Innovative Medical Research, Inc (Towson, Maryland), les
conclusions sont différentes de celles rapportées
antérieurement, et me semblent moins
alarmantes.
-
- "Jusqu'à 8% des enfants de moins de 3 ans et
environ 2% de la population adulte manifestent des
réactions allergiques reliées aux aliments. Un
nombre limité d'aliments sont responsables pour la majeure
partie des réactions produites par des aliments: le lait
de vache, les oeufs, les arachides, les poissons, et les noix chez
les enfants, et les noix, poissons, et fruits de mer chez
les adultes. Les réactions allergiques reliées
aux aliments sont responsables d'une variété de
symptômes touchant la peau, l'appareil gastro-intestinal et
respiratoire et peuvent être causées par des
mécanismes IgE médiés (prouvés
allergiques) ou non ... la peau et l'appareil respiratoire
sont le plus souvent touchés par les réactions de
type IgE médiées, tandis que les symptômes
gastro-intestinaux sont le plus souvent non IgE
médiées ... Le questionnaire initial ainsi que
l'examen physique sont essentiellement les mêmes dans les
deux cas, mais l'évaluation subséquente
diffère de façon considérable. Le diagnostic
approprié souvent nécessite des évaluations
de dépistage pour évidence de réactions IgE
médieés, et preuve de réactivité par
des diètes d'élimination et des "challenges"
(provocations). Une fois le diagnostic fait,
l'élimination stricte de l'aliment ou des aliments
impliqués est le seul traitement efficace. La
tolérance clinique à l'aliment impliqué peut
survenir chez plusieurs patients avec le temps, et des
"challenges" futurs sont à considérer."
Diagnostic de l'allergie
alimentaire
- Le "challenge" ou épreuve de provocation, à
double insu, aveugle ('double-blind, placebo-controlled food
challenge ou DBPCFC') est le "gold standard," ou seul moyen de
réellement diagnostiquer une allergie alimentaire (en d'autres
mots, une provocation masquée, i.e. le patient et
l'investigateur ne savent pas si l'item évalué est
l'aliment ou un faux aliment ou placebo [les deux sont
présentés comme identiques] et les épreuves
sont faites aussi chez un groupe contrôle, non allergique).
Les tests cutanés "prick" et les RASTS sont des indicateurs
sensibles d'anticorps IgE aliments-spécifiques, mais des
pauvres indices de prédiction de réactivité
clinique. En d'autres mots, les épreuves de provocation
sont le seul moyen de trancher la question d'allergies alimentaires,
surtout quand il s'agit d'allergie alimentaire
soupçonnée, douteuse.
- L'évaluation de réactions adverses aux aliments
sont: un questionnaire clinique détaillé, et des
épreuves diagnostiques incluant des tests cutanés
appropriés et des tests de laboratoire, avec des extraits
alimentaires ...
Pour ce qui est du "questionnaire clinique
détaillé", deux points sont à retenir
s'appliquant à toute allergie alimentaire :
- le refus ou dédain de l'aliment dès
son introducttion dans la diète de l'enfant est un signe
d'allergie possible à cet aliment.
- la préparation contenant l'aliment
allergénique, soit caché ou non
identifié, est habituellement rejetée par
l'enfant, spontanément ou vomie (si en partie
avalée) comme s'il s'agissait d'un "mécanisme de
défense" chez l'enfant allergique. Malgré cela,
chez les très sensibles, l'absorption minime de
l'allergène peut causer une réaction (pas dans
tous les cas) avec des vomissements additionnels, douleur
abdominale, ou démangeaisons buccales, angioedème
(enflure des lèvres, de la langue ou de la gorge) et de
l'urticaire, habituellement de courte durée, à cause
de cette caractéristique.
Il n'est pas rare de voir de ces enfants évaluées
en allergie qui n'ont jamais aimé le beurre d'arachides et
tout aliment contenant des arachides, mais qui n'ont jamais eu de
réaction quelconque au contact avec l'aliment. Aux tests
d'allergies faits, toutefois, ils montrent de fortes
réactions positives.
* Commentaire :
On doit souligner que non
seulement les tests positifs sont des pauvres indicateurs de
sensibilité ("predictors" selon les auteurs de l'article
ci-haut), on ne doit pas oublier que la même chose
s'applique aux tests négatifs.
- Le test cutané par la méthode "prick" (ou
per-cutané, ou scarification) est le test le plus
utilisé pour déceler l'hypersensibilité
alimentaire IgE-médiée ... l'emploi d'aliments
frais plutôt que des extraits d'aliments serait plus
efficace et devrait être utilisée pour déceler
des allergies aux oeufs, lait de vache et aux arachides,
(voir aussi cas rapportés d'allergie aux noix 'macadam',
ci-dessus).
* Commentaire :
L'allergie aux oeufs,
au lait de vache et aux arachides sera démontrée en
utlisant les extraits allergéniques disponibles
aujourd'hui. Dans le cas d'allergie soupçonnée
à un ou l'autre de ces aliments, si les tests
s'avèrent négatifs, les tests cutanés
utilisant des aliments frais peuvent parfois confirmer
l'allergie.
- *
Les extraits disponibles pour
diagnostic souvent n'ont pas une activité suffisante ou
uniforme ... la chaleur parfois réduit l'activité de
façon marquée ... il y a des variations dans les
méthodes d'extraction ... stabilité d'entreposage
variable ...
-
- *
Eigenmann et Sampson ont évalué une méthode
plus sophistiquée pour l'interprétation des tests
cutanés usuels, tout en se fiant sur les tests de
provocation ou "challenges" comme "gold standard" pour le
diagnostic, et ont trouvé que les tests cutanés
pour évaluer une sensibilité clinique aux oeufs, au
lait, aux arachides et au blé, demeuraient une
procédure utile et fiable ... le critère d'un
test positif étant un diamètre de 3mm
supérieur au contrôle négatif '
.
-
- Armstrong and Rylance, dans le
numéro de fév. 1999 d'Archives of Diseases of
Children, rapportent leurs observations dans un article
intitulé, "Defininte diagnosis of nut allergy." De 96
enfants référés pour allergie aux noix sur
une pédiode de 27 mois (1994-1996) manifestée par
urticaire, oedème facial, choc anaphylactique, et
vomissements. . . 16 enfants sur un échantillon de 51 qui
ont subi des tests cutanés aux noix n'avaient pas de
réaction suite à un "challenge" oral. L'IgE
spécifique aux arachides était positif chez 9 de ces
16 enfants. Leurs conclusions sont: les tests cutanés et
l'IgE spécifique mesuré par la méthode RAST
sont inadéquats comme évaluation d'allergie aux
noix. Le test pour un diagnostic définitif d'allergie aux
noix en établissement hospitalier est le challenge oral
direct.
-
- Bock, lors de sa conférence à Toronto
lors d'Allergy Update 1999, souligna que les tests
d'allergie font que déceler la présence d'anticorps-
c'est tout, l'hypersensibilité est démontré
par des épreuves de provocation avec l'aliment
soupçonné (double blind placebo-controlled food
challenges ou DBPCFC). Malheureusement, la fiabilité des
tests cutanés positifs s'est avérée beaucoup
inférieure à celle des tests négatifs.
Augmentation (?) de la fréquence
et de l'intensité des réactions aux arachides.
- L'augmentation de la prévalence des réactions
allergiques alimentaires, serait due apparemment à plusieurs
causes incluant un meilleur triage, diagnostics
améliorés et changements et dans les techiniques
utlilisées par l'industrie de l'alimentation et dans les
habitudes alimentaires de la population.
- Notre expérience depuis les dernières dix
années suggère que la disponibilité
immédiate et l'introduction précoce d'aliments
hautement allergisants (e.g. arachides et noix) dans la diète
vont seulement augmenter le nombre d'individus souffrant de
réactions d'hypersensibilité alimentaire.
- L'allergie aux arachides et aux noix est potentiellement
mortelle ... qui semble augmenter en prévalence.
- L'augmentation de la fréquence de l'allergie aux
arachides et des cas de décès ont
été rapportés.
- La prévalence a
augmenté de façon considérable, un cas sur
200 enfants âgés de 4 ans ... reliée
probablement à la prévalence doublée et
triplée d'asthme allergique, de rhinite et d'eczema dans
certaines populations "occidentalisées".
Commentaire :
L'incidence connue de la
fréquence et de l'intensité des réactions aux
arachides est entre 0.6% et 1.0%. La littérature
médicale suggère une augmentation mais aucun chiffre
n'est donné.
L'allergie à l'arachide est rapportée dans un cas
sur 200 de la population et est plus évidente chez ceux
ayant d'autres allergies. Le fait que le degré
d'allergie est équivalent chez les enfants et les adultes va
à l'encontre d'une augmentation de l'incidence d'allergie
à l'arachide ...
La prévalence de l'allergie alimentaire a augmenté dans la dernière
décénie. L'identification et le développement de
stratégies efficaces dans le but de prévenir les
allergies alimentaires et autres sont une priorité pour la médecine, compte-tenu de
l'augmentation incontrôlée de l'incidence et la
morbidité qui leur sont attribuées."
- *
L'impact de l'allergie
à l'arachide chez les enfants et adultes :
-
- Evaluation de la diminution de la qualité de vie et effet négatif sur
les relations familiales chez des individus diagnostiqués allergiques
à l'arachide (AA) allergie confirmée par
questionnaire, et tests d'allergie cutanés ou RAST,
comparée avec les mêmes effets chez des patients
atteints d'une maladie musculo-squelettique chronique (la
sclérose en plaque ou MSD). La détérioration
dans la qualité de vie a été
évaluée selon l'échelle analogue visuelle
verticale (VVAS ou 'vertical visual analogue scale')
[greffée de 0 (aucune diminution des activités
quotidiennes) à 100] (le maximum de
détérioration imaginable) et questionnaire sur
l'impact sur la famille (Impact on Family Questionnaire) [0
(aucun impact) à 24 (impact maximum)]. Cent trente-huit
enfants AA avec durée de la maladie de 4 ans, ont
été comparés à 61 enfants MSD et 37
adultes AA et 41 adultes MSD. . . Les enfants AA
comparés aux enfants MSD avec peu d'incapacité
physique ont beaucoup plus de détérioration de leur
qualité de vie et des relations familiales. Davantage plus
significatif, lorsque comparés aux enfants MSD dans
l'ensemble, la détérioration était plus
marquée, soulignant l'impact considérable de
l'allergie à l'arachide.
Cet aspect était
d'évaluer quels facteurs étaient impliqués.
Leurs conclusions étaient: plus jeunes les enfants,
plus rapprochée la première réaction,
antécédents de réaction anaphylactique et
présence d'autres conditions atopiques étaient tous des
éléments associés avec la
détérioration augmentée de la qualité de
vie et des relations familiales. L'âge de l'enfant et la
gravité de la première réaction, la
présence d'asthme et d'autres allergies alimentaires
n'étaient pas associés avec un degré plus
marqué de détérioration de la qualité de
vie et des relations familiales.
- * Il faut préciser
que les patients de leur groupe contrôle (avec maladies
musculo-squeletiques) n'avaient pas la sclerose en plaque. Pour les
adultes il s'agissaient en majorité (>80%) de patients
avec lupus erythémateux dissiminé (LED ou SLE) et
pour les enfants, d'arthite rhumatoide juvénile (>70%).
.
Est-ce pour la vie ?
- Pour déterminer s'il y a des différences entre les
enfants qui demeurent légèrement ou
modérément allergiques aux arachides (15 sujets) et les
enfants avec des histoires semblables mais avec un "challenge" (test
de provocation) négatif (aussi 15 sujets), Hourihane et coll.
ont trouvé que les 15 qui avaient perdu leur allergie aux
arachides, 13 ont eu des tests cutanés, et huit avaient un
test négatif, les 5 autres montraient encore un test
cutané positif mais aucun de plus de 5 mm, et des anticorps IgE
spécifiques comparables aux enfants qui avaient toujours
leur allergie aux arachides cliniquement. Les enfants qui demeuraient
allergiques aux arachides avaient aussi plus d'allergie à
d'autres aliments que l'autre groupe. Les auteurs concluent que les
cliniciens formés adéquatement doivent être
prêts à procéder à des "challenges" chez
des enfants d'âge pré-scolaire avec des arachides,
puisque certains vont les tolérer malgré une histoire
de réactions aux arachides et un test cutané positif.
Réaction à cet article :
- Confussion des individus concernés
- Tests de provocation chez des enfants avec des réactions
aux arachides
- Une réaction négative aux tests de provocation
avec les noix ne signifient pas qu'on puisse les consommer sans
danger.
* Commentaires :
- Le diagnostic réel d'allergie aux arachides chez les quinze
enfants qui auraient perdu leur allergie est mis en doute. Il
n'était basé que sur l'histoire des médecins
consultants. Les enfants n'ont été
pris en compte par des centres spécialisés qu'à
l'âge d'environ 3 ans. On se demande et on s'inquiète
que la publicité de cette étude puisse se traduire
par un certain degré d'optimisme non-réaliste, en
attendant une étude semblable qui va confirmer ou non ces
données.
- Il est parfois mis en doute les
histoires d'allergie des patients,
- sont-ils réellement allergiques aux arachides ?
Une évaluation d'histoires de réactions
allerqiques chez les enfants dans les premières
trois années de vie, alors que ces réactions
ne pouvent être confirmées par des épreuves de provocation
(challenge) que dans 28% des cas chez 133 enfants, doit inciter à la prudence,
valable également pour la perte de cette allergie, il faut une preuve absolue
de réaction négativée.
- Une allergie réversible ?
- Votre enfant de deux ans est allergique aux arachides, ne
désespérez pas: il a 40% de chances de ne plus
l'être à quatre ans.
- Une allergie aux arachides mise en évidence vers
20 mois à deux chances sur cinq de guérir spontanément.
-
- Une recherche de Medline ne donné aucune
confirmation de ceci.
- Au congrès annuel de
l'American Academy of Allergy, Asthma & Immunology à
Washington,DC, tenu en mars, 1998, par Golding, Fox et Lack,
nommée ALSPAC (Avon Longitudinal Study of Pregnancy and
Childhood birth cohort study) comportant des informations sur 14
210 enfants nés durant 21 mois. L'allergie à
l'arachide a été identifiée par
questionnaire, tests d'allergies cutanés et RAST, et
confirmée par DBPFC (double-blind placebo-controlled food
challenges, ou tests de provocation aveugle avec groupe
contrôle) :
- la prévalence cumulative
d'allergie à l'arachide à 24 mois était
0.21% et à 48 mois+/- 0.31%
- la moyenne d'âge de la
réaction initiale était 20.5 mois
- tous les nourissons ont
manifesté leur allergie au premier contact avec
l'arachide
- 75% des réactions suite
à ingestion, 25% suite à contact
cutané
- le beurre d'arachide responsable de
40% des réactions, l'arachide elle-même dans 41%
des réactions, et aliments contenant des arachides dans
19%
- 11% des enfants avaient des
frères/soeurs allergiques à
l'arachide
- l'allergie à d'autres aliments
rapportée chez 50% et 38% étaient aussi
allergiques aux oeufs
lors des 'challenges' :
- symptômes de rhinite
62%
- urticaire 54%
- vomissements 31%
- wheezing 15%
- stridor 7%
- 2 patients ont
nécessité de l'épinéphrine
IM
- un patient a eu une
réaction tardive
- 41% (9/22) des enfants ayant
subi un 'challenge' ont été
démontrés comme avoir perdu leur allergie
à l'arachide.
- Les enfants qui ont perdu leur
allergie ont manifesté leur réaction à un
âge plus jeune que ceux chez qui l'allergie
persistait.
- les enfants chez qui l'allergie
à l'arachide persistait étaient plus atopiques,
leurs test à l'arachide était plus marqué,
et on a noté une incidence plus élevée
d'eczéma (100% vs 44%) d'asthme (85% vs 11%) et d'autres
allergies alimentaires (70% vs 33%)
- Conclusions :
- L'allergie à l'arachide
est un problème significatif vers l'âge de 2
ans et que vers l'âge de 5 ans, près de la
moitié de ces enfants vont perdre leur allergie.
Auparavant, Bock et Atkins en 1989 avaient publié leur
évaluation de 32 patients qui avaient un test de provocation
DBPCFC (ou double-blind, placebo-controlled food challenge) positif
ainsi qu'un test cutané positif. Lorsque les DBPCFC ont
été répétés 2 ans et 14 ans
après le premier 'challenge,' ces tests de provocation ont
démontré que tous ces patients avaient gardé
leur sensibilité, confirmant le fait que l'allergie aux
arachides peut persister longtemps.
- L'allergie aux arachides et aux noix est potentiellement fatale. Elle ne disparait que rarement ...
- Un élément intéressant de l'allergie
alimentaire en général, bien que rare, est
" l'aggravation de l'allergie après un sévrage de
l'aliment.
Quatre enfants présentant une dermite atopique suite à une période
d'élimination, la ré-introduction des aliments auxquels ils étaient
allergiques s'est manifesté par des réactions
anaphylactiques
Ces commentaires sont faits au sujet d'un enfant de 8 ans avec
histoire de dermite atopique aggravée par l'ingestion de lait
qui a vu son allergie au lait se manifeter par une réaction
anaphylactique lors d'un test 18 mois après avoir
supprimé le lait !
Au récent Congrès
Annuel de l'American College of Allergy, Asthma & Immunology qui
a eu lieu à Chicago, du 11 au 17 nov. 1999, dans la
présentation intitulée New Findings in Food Allergy
Research, le docteur Sami Bahna rapporta que :
- "Outgrowing" Peanut Allergy (la perte d'allergie à
l'arachide)
- Des études récentes démontrent que
l'allergie à l'arachide, qui touche 1% de la population aux
Etats-Unies, peut disparaître vers l'adolescence.
Il est vraissemblable que l'allergie à
l'arachide peut disparaître le plus souvent chez les
patients ayant des réactions légères au test
d'allergie et des manifestations cutanées seulement. Le
groupe de Spergel ont soumis 38 patients avec histoire clinique de
réactions précédant l'évaluation et un
test cutané positif, à un challenge (provocation
orale). Vingt et un patients ont eu un challenge positif (CP) et
18 avaient un challenge négatif (CN) malgré un test
cutané positif. Un patient est devenu tolérant suite
au challenge et un autre patient a vu sa réaction positive
devenir négative.
- Le groupe CP et CN avaient des profils cliniques
équivalents malgré qu'aucun des patients avec
histoire d'anaphylaxie est devenu tolérant avec un suivi de
2 à 6 ans. La différence la plus significative est
survenue, toutefois, avec les tests cutanés -- le groupe CP
avait des réactions plus marquées. Cette
étude confirme les conclusions de certaines études
qui démontrent que l'allergie à l'arachide peut
disparaître avec le temps. Les facteurs favorables incluent
le début de l'allergie durant l'enfance, le degré
léger de sensibilité, et des manifestations autres
qu'anaphylactiques.
L'histoire de l'allergie alimentaire montre que
l'allergie au lait de vache, aux oeufs et au soya disparait
spontanément, tandis que l'allergie à l'arachide,
aux noix et aux poissons persiste d'habitude à l'âge
adulte, malgré quelques exceptions. L'éviction
de l'allergène alimentaire suite à la sensibilisation
et manifestations des symptômes tendent à augmenter la
tolérance; toutefois, les mécanismes immunologiques
responsables de la tolérance à un groupe d'aliments et
non à un autre groupe demeurent peu connus.
De même pour l'allergie à l'arachide
chez les jeunes enfants et son association avec le taux d'IgE
spécifique à l'arachide
Des études antérieures ont démontré que
l'allergie à l'arachide ne disparaît spontanément
que rarement, mais des observations récentes suggèrent
que les jeunes enfants ayant eu des symptômes légers
puissent perdre leur sensibilité. La fréquence et la
nature des réactions adverses suite à contact
accidentel avec les arachides chez le jeune enfant avec
hypersensibilité clinique à l'arachide, met en évidence
l'importance du taux d'anticorps IgE spécifique
à l'arachide dans le suivi de ces enfants.
82 enfants reconnus hypersensibles à l'arachide avant l'âge de 4 ans, on tous
un test cutané positif. Ils ont été
suivi pendant une moyenne de 5.6 années (marge 1.2 à 22.1
années), contactés annuellement pour tenir compte des
réactions croisées suite à contact accidentel avec les
arachides. Des taux d'anticorps IgE spécifique ont
été obtenus chez 48 des 82 sujets.
En résumé, la majorité des jeunes enfants
ayant une hypersensibilité clinique aux arachides vont
présenter des réactions adverses suite à
contact aux arachides dans les 3 années suivant leur
évaluation initiale. De plus, il semble que les jeunes
enfants qui n'ont présenté que des symptômes
cutanés ont un risque d'avoir des symptômes
respiratoires et/ou gastrointestinaux lors de contact
subséquent accidentel. Les enfants qui n'ont eu que des
symptômes cutanés comme réaction aux arachides
ont un taux d'IgE spécifique à l'arachide
inférieur à ceux qui ont eu des symptômes
respiratoires et/ou gastrointestinaux.
Une étude dont le but était de
déterminer le nombre d'enfants diagnostiqués
allergiques à l'arachide qui éventuellement pouvaient
tolérer les arachides a mis en évidence que :
l'IgE spécifique à
l'arachides (AS-IgE) a un taux < 20 kU/L et pas de réaction dans
la dernière année, ont participé à une provocation orale à double insu,
aveugle, avec groupe contrôle (double-blind placebo-controlled
peanut challenge ou DBPCPC) (à moins que la réaction
précédente fut sévère, le cas
échéant, l'AS-IgE ne pouvait pas être plus que
10kU/L.) Certains patients ont subi un 'challenge' ouvert.
103 patients , agés entre 4 et 17.5 ans (moyenne
6.5) ont participé à cette étude. Ces patients
ont été diagnostiqués allergiques à
l'arachide de l'âge de 2 mois à 10 ans (moyenne 1.5
ans). Quarante-quatre patients (43%) ont été
identifiés comme définitivement allergiques à
l'arachide puisque leur AS-IgE était > 20kU/L. Vingt-et-un
patients avec un AS-IgE < 20 kU/L ont refusé le challenge.
Les 38 patients restants ont participé au challenge soit
ouvert ou DBPCPC. Les tests d'allergie ont été
répété à l'arachide avant le challenge
chez 13/38 patients et quatre avaient un test négatif.
L'AS-IgE moyen des patients ayant subi un challenge était
0.75kU/L (marge < 0.35 (indétectable) à 20.4 kU/L.
Au total, 26 patients ont eu un challenge négatif et sont
considérés comme ayant perdu leur allergie à
l'arachide (agés entre 4 et 11.5 ans ; moyenne 6),
l'AS-IgE < 0.35 à 20.4 kU/L (moyenne 0.54). Les 12 autres
ont eu un challenge positif (agés entre 4 et 9.5 ans, moyenne
5), l'AS-IgE < 0.35 à 11.6 kU/L (moyenne 1.24kU/L). 71% des
patients avec un AS-IgE < 2 kU/L ont eu un challenge
négatif. De ceux qui ont subi un challenge, le taux d'AS-IgE
de ceux qui ont passé versus ceux qui n'ont pas passé
n'était pas différent lors du diagnostic ou du
challenge. L'intensité des réactions initiales
étaient aussi semblables, avec les deux groupes incluant les
patients avec anaphylaxie modérée à
sévère.
Conclusion : Cette étude démontre que l'allergie
aux arachides n'est pas nécessairement pour la vie. Les
patients avec un taux d'AS-IgE très bas devraient être testés;
pour déterminer s'il peuvent ensuite tolérer des arachides.
Désensibilisation
- La question de désensibilisation (ou
immunothérapie) a été soulevée à
plusieurs reprises à cause du problème croissant de
l'allergie aux arachides, afin de venir en aide aux allergiques,
puisqu'il y a trop d'ingestions accidentelles. La littérature
sporadiquement rapporte des essais cliniques, un des derniers par le
groupe de Nelson, Bock, et coll. publié en juin 1997. Ils ont
recruté 12 patients allergiques aux arachides dont six ont
été traités avec des injections d'extrait
d'arachides, et six qui étaient des contrôles. Seulement
trois ont pu finir le protocole du traitement. Tous ont eu des
réactions systémiques (générales)
durant le traitement. Les trois qui ont fini le traitement ont vu
leur sensibilité diminuer selon des tests incluant la
provocation. Les auteurs sont encouragés mais trop de
réactions systémiques surviennent au cours du
traitement, et si on doit considérer l'immunothérapie,
il faudrait modifier le substrat injecté.
- L'immunothérapie utilisant des aliments, semble aléatoire.
Elle semble parfois bien toléré et efficace ... il y a plusieurs
embûches et dangers possibles avec ce genre de
traitement ... Il est impossible d'évaluer
l'efficacité sans un groupe contrôle de
patients ... Il faut avant tout considérer la
sécurité du patient. L'immunothérapie
utilisant des aliments peut être une procédure
extrèmement dangereuse et peut créer une fausse
impression de sécurité. Plusieurs
réactions sérieuses et décès ont
été rapportés utilisant
l'immunothérapie alimentaire, même dans des
études bien structurées. Le traitement
d'immunothérapie, peut créer un précédent dangereux qui
pourrait avoir des conséquences désastreuses.
Nous somme tous d'accord que le traitement de l'anaphylaxie
alimentaire en supprimant l'aliment n'est pas l'idéal -
mais c'est le seul traitement prouvé que nous ayons.
Nous devons travailler pour développer un
meilleur traitement par des protocols de recherche bien
structurés qui vont donner des résultats fiables et
reproductibles.
-
"Des scientifiques ont développé une nouvelle
approche d'un vaccin contre l'allergie à l'arachide"
("Scientists develop vaccine strategy for peanut allergy") est
un commentaire qui a paru dans le British Medical Journal
du 3 avril, 1999, par Scott Gottlieb,de New York, sur le travail du docteur Kam
Leong et associés du Johns Hopkins School of Medicine
à Baltimore, étude publiée dans Nature
Medicine.
Les chercheurs proposent un modèle nouveau dans la lutte
contre les allergies anaphylactiques - telle que l'allergie de
plus en plus courante à l'arachide - dans lequel les
medecins induisent une tolérance utilisant une formulation
buccale contenant un gêne de l'allergène en cause ...
le DNA de l'arachide fut administré par la bouche
à des souris ... l'intensité de la réaction
anaphylactique a été minimisée ... leurs
conclusions n'ont pas d'applications cliniques pour le
moment.
Le système immunitaire de la souris est
très différent de celui de l'humain ... Ce
modèle semble être une approche
intéressante dans la production d'immunité contre
une variété d'allergènes.
- Dans le numéro du mois d'août, 1999 du Journal of
Allergy and Clinical Immunology Hong, Michael, Fehringer and
Leung rapportent leur expérience avec un extrait
d'arachide digéré par la pepsine qui pourrait
éventuellement être utilisé comme extrait pour
la désensibilisation des personnes allergiques à
l'arachide. Les études antérieures sur la
désensibilisation (dont une résumée ci-dessus)
se sont avérées très difficiles,
malgré des données en faveur, à cause de
réactions générales et très
dangereuses pour les patients traités, rendant la
désensibilisation non pratique en ce moment. Les chercheurs
sont constamment à la recherche d'un extrait d'arachide
modifié qui pourrait être utilisé dans la
désensibilisation avec moins de réactions
secondaires. Leurs évaluation en laboratoire ont
montré que la digestion de l'arachide par la pepsine
éliminerait "la réactivité IgE tout en
maintenant la réactivité T-cellulaire" (en d'autres
mots, moins de réactions systémiques ou
générales tout en étant efficace).
Lien
entre l'asthme et l'allergie à l'arachide
- Y-a-t'il un lien entre la
présence d'asthme et l'intensité de la
réaction causée par allergie à l'arachide ?
- Selon ce qui a été
publié sur l'allergie à l'arachide,
particulièrement en ce qui a trait aux réactions
anaphylactictiques rapportées à l'arachide,
l'intensité semble directement proportionnelle au
degré d'atopie (d'allergies) que le patient
présente, c'est-à-dire, les réactions
les plus sévères rapportées sont survenues
chez des patients qui avaient d'autres allergies alimentaires, et
environnementales, ces dernières responsables, en grande
partie, des manifestations respiratoires dont l'asthme.
- En 1988, Yunginger et associés,
du département de pédiatrie, Mayo Medical School,
Clinic and Foundation, ont publié une évaluation de
7 cas d'anaphylaxie causée par des aliments, ce qui
était rarement rapporté à l'époque.
Tous (âgé entre 11 et 43 ans) étaient
atopiques, ayant eu des réactions anaphylactiques
multiples dans le passé, reliées à
l'ingestion des aliments suivants: arachide 4, pacane 1,
crabe 1, poisson 1. Les facteurs qui ont contribué à
l'intensité de la réaction incluaient entre autres :
la prise d'alcool concommittente, la dépendance sur des
antihistaminiques uniquement comme médication, et la
suppression des surrénales suite à une
médication corticoïde (cortisone) chronique pour
l'asthme associé. Le taux d'IgE spécifique
à l'aliment impliqué était
élevé dans 6 cas
évalués.
- En 1992, Sampson, Mendelson et Rosen, du
Johns Hopkins University School of Medicine, à leur tour,
ont rapporté sur 6 enfants et adolescents qui sont
décédés suite à une réaction
anaphylactique reliée à des aliments, et sur 7
autres qui ont survécu suite à des soins intensifs.
Des 13 patients (âgés de 2 à 17 ans) 12
étaient des asthmatiques apparemment bien
contrôlés. Tous avaient des allergies alimentaires
connues, et il s'agissait d'ingestion accidentelle des
aliments responsables. Arachides chez 4, noix chez
6, oeufs chez 1, et le lait chez 2 enfants, aliments
consommés sous forme de bonbons, biscuits, et
pâtisseries.
- Hourihane, Kilburn, Dean et Warner, dans leur publication de
1997 sur les " Caractéristiques cliniques de l'allergie aux
arachides ", sont d'accord avec ce lien entre d'autres allergies, l'asthme
et les réactions sévères reliées aux
arachides. Selon une communication personnelle, le docteur
Hourihane précise que sur 525 patients qui ont subi plus
qu'une réaction à l'arachide: 45 patients avec
asthme ont eu des réactions légères,
comparativement à 47 patients non asthmatiques, tandis que
les réactions modérées sont survenues chez
168 patients n'ayant pas d'asthme comparés à 65 qui
étaient asthmatiques; mais les réactions
sévères sont survenues chez 187 asthmatiques
comparés à 78 non asthmatiques!! Le total des
asthmatiques ayant subi des réactions vs des non
asthmatiques est 335 contre 190.
- Selon Hourihane, Pumphrey en 1996 aurait
démontré une association entre l'atopie incluant
l'asthme et les réactions allergiques anaphylactiques dues
aux aliments surtout chez les plus jeunes patients.
- Sicherer, Burks et Sampson, en 1998, dans Pediatrics,
ont démontré que 74% des sujets ayant eu des
réactions aux arachides avaient de l'asthme mais n'a
pas mentionné le lien entre l'intensité de la
réaction et la présence d'asthme.
- Selon Hourihane "il n'y aucun doute que l'asthme est un
facteur aggravant les réactions aux arachides, selon les
experts dans ce domaine, et une indication
d'épinéphrine comme médicament de secours."
- Voir aussi l'enquête de Suède rapportée dans le
chapitre de "l'incidence," (ci-dessus).
Quelle est l'importance de
l'odeur d'arachides, ou tout simplement d'être en
présence d'arachides ?
- Dans les références ci-dessus, il n'y a aucune
mention de cet aspect sauf pour des réactions survenant par
contact des arachides (beurre d'arachide ou autre
préparation contenant arachides) avec la peau,
sauf que l'auteur (Hourihane) cite des "rapports d'anecdotes
(non appuyés par des "tests") de sujets ayant
réagit fortement à l'odeur d'arachides ou en
étant en présence d'un contenant de beurre
d'arachides ouvert.
La dose de protéine de l'air environnant impliquée
dans ces réactions doit être très petite. Le
scénario le plus habituel est une réaction survenant
suite à contact avec la peau saine
(par exemple, touché par quelqu'un qui vient de manipuler
des arachides, l'ingestion accidentelle de petites
quantités de protéine d'arachide, ou en mangeant du
pain beurré avec un couteau qui a servi à
préparer un sandwich au beurre d'arachide pour une autre
personne.)"
-
- Arachides et vols aériens
commerciaux
Au congrè annuel de l'AAAA&I (en fév. 1999
à Orlando) Sicherer, Furlong, DeSimone, et Sampson ont
présenté une étude intitulée
"Peanut Allergic Reactions on Commercial Airlines."
(Réactions aux arachides sur les lignes aériennes
commerciales") Le but de cette étude était la
description des caractéristiques cliniques des
réactions allergiques causées par les arachides (PN)
durant les vols aériens. Les participants du National
Peanut and Tree Nut Allergy Registry (PAR) qui ont eu des
réactions ont eu des entrevues
téléphoniques.
- 62 des 3,704 enregistés au PAR ont
présenté une réaction à bord
d'un avion
- 42 patients ou membres de la famille ont consenti
à un questionnaire additionnel (âge moyen des
sujets qui ont réagit: 2 ans, marge étant de 6
mois à 50 ans)
- 31 ont réagit aux arachides, 3 aux noix, et 8
à une exposition incertaine, mais arachides
soupçonnées.
- l'exposition est survenue par la bouche (20), par la
peau (8), et par inhalation (14)
- les réactions ont eu lieu dans moins de 10
minutes après l'exposition (32/42)
- l'intensité de la réaction étant
reliée à la voie d'introduction (ingestion
> inhalation > cutanée)
- l'agent causal était servi par la ligne
aérienne (37/42)
- traitement administré durant le vol à 20
patients (épinéphrine à 6) et en plus
à 14 à l'atterrissage/porte d'arrivée
(incluant injection intra-veineuse à 2, un ayant
causé un retour au point de départ), au total
81% traités.
- 33% des réactions ont été
rapportées aux préposés aux
passagers
- au moment des 10 réactions survenues par
inhalation, > 25 passagers consommaient des
arachides
- les premiers symptômes touchaient les voies
respiratoires supérieures généralement
avec progression vers des symptômes cutanés et
les voies respiratoires inférieures (aucun
symptôme gastro-intestinal)
- 2 patients ont reçu de
l'épinéphrine durant le vol.
- un diagnostic d'asthme aurait été fait
auparavant chez 6 patients.
-
Conclusion : Des réactions allergiques
alimentaires (arachides et noix) sont survenues durant les vols
aériens commerciaux, mais le personnel d'équipage a
été avisé que dans 33% des cas. Les
réactions étaient sévères dans bien
des cas, nécessitant un traitement incluant l'injection
d'épinéphrine. Les réactions
sévères sont survenues surtout suite à
l'ingestion accidentelle, mais des réactions respiratoires
étaient dues à l'inhalation lorsque plusieurs
passagers consommaient des arachides.
- Selon une communication personnelle, Hourihane dit : " Je ne suis pas
au courant d'un cas d'anaphylaxie prouvée ayant
été associé à l'odeur d'arachides,
mais il a été fréquemment rapporté
que l'enfant soit devenu léthargique et collant en
entrant dans une pièce contenant des arachides en
évidence. Je ne crois pas qu'on doive
étiqueter ce genre de réaction comme
anaphylactique. Je ne doute pas que les patients
réagissent de façon allergique à
l'exposition, mais les réactions sont
légères- habituellement localisées aux
voies respiratoires supérieures ainsi qu'aux yeux,
avec possiblement de l`urticaire. Le problème
majeur, à mon sens, c'est la panique
particulièrement dans des endroits restreint, comme en
avion".
-
-
- Cette étude
présentée à la réunion annuelle de
l'AAAA&I à Orlando de février 1999
(résumée ci-haut) vient d'être publiée
dans le Journal of Allergy and Clinical Immunology, July
1999, vol 104, 186-9.
Commentaires additionnels des auteurs (traduits du texte
original): Des réactions allergiques dues aux arachides et
noix suite à ingestion accidentelle, contact avec la peau,
ou par inhalation de l'odeur, surviennent durant des vols
aériens commerciaux. . . la plupart des réactions
par inhalation décrites ne mettaient pas la vie du sujet en
danger. Toutefois, lorsque l'on considère le groupe
dans l'ensemble ayant manifesté des réactions
allergiques aigües suite à l'ingestion, et
l'inhalation de l'odeur, d'arachides et de noix durant un vol
aérien, l'importance de mesures de prudence et la
disponibilité de médication d'urgence devient
évidente.
Dans le même numéro du journal, John M.
James, M.D. fait un résumé de ce problème dans
un article intitulé: Airline snack foods: Tension in the
peanut gallery. Voici quelques-uns de ses commentaires (traduits
du texte original) :
- ... "il y a eu beaucoup d'inquiétude et
discussions au sujet du danger de réactions allergiques
chez des individus allergiques aux arachides durant des vols
aériens commerciaux alors qu'on sert des arachides ou
aliments contenant arachides. . . Au milieu de l'année
1998, le Department of Transportation (DOT) aurait proposé
d'imposer aux 10 compagnies aériennes majeures des
Etats-Unis des zones "sans arachides" dans leurs avions. . . Il y
a eu beaucoup d'opposition à cette proposition de la part
de la Air Transportation Association . . . ainsi que du Congress
des Etats-Unis. . . la proposition n'a jamais été
acceptée, une des raisons données par les membres du
US Congress était le manque de publications scientifiques
décrivant des réactions chez des passagers
allergiques à l'arachide, survenues en avion durant des
vols sur des lignes aériennes commerciales. "
- Se référant à l'étude de Sicherer
et coll. résumée ci-haut, le docteur James souligne
que cette publication est "la première investigation
publiée portant sur les symptômes cliniques des
réactions allergiques à l'arachide sur les vols
aériens commerciaux survenant chez des individus
allergiques à l'arachide ... les réactions
allergiques rapportées, toutefois, étaient de type
allergique ... cette investigation ne fournit pas toutes les
données nécessaires pour résoudre ce
problème incessant, mais elle donne au moins une base
solide qui peut permettre une meilleure évaluation de ces
expositions et réactions possiblement dangereuses à
la vie."
- Il continue: "Il y a quelques conclusions troublantes dans
cette investigation. Premièrement, très peu des
réactions ont été rapportées à
l'équipage et le personnel! Pourquoi? Deuxièmement,
est-ce que d'autres irritants possibles (e.g. parfums, odeurs
de fumée de tabac sur les vêtements de fumeurs, ou de
produits nettoyants) auraient pu contribuer aux réactions
décrites par inhalation chez certains sujets,
particulièrement les asthmatiques?. . Finalement, 5
sujets ont reçu de l'épinéphrine durant le
vol pour contrôler leurs réactions marquées.
Cette observation souligne un autre point important, la
disponibilité d'épinéphrine en injection
à bord des vols aériens commerciaux et aussi du
personnel ayant les connaissances dans l'administration de cette
médication."
- "Deux choses me paraissent très claires dans le
déroulement de ce débat: l'éducation et un
état de préparation doivent être
visés. . . des données objectives et une formation
adéquate doivent nous guider dans la solution
éventuelle de cet important débat pour ainsi
diminuer la tension des allergiques aux arachides".
-
Huile d'arachides
- L'huile d'arachides n'est pas allergisante. De 10 patients
allergiques aux arachides chez qui un test de provocation a
été fait, aucun n'a réagit aux huiles libres de
protéines. Des rapports ont indiqué
que les huiles contaminées avec des protéines peuvent
causer des réactions allergiques significatives chez les
individus allergiques aux arachides. Les huiles extraites froides
sont plus susceptibles de contenir des protéines d'arachides
que les huiles extraites chaudes.
- Hourihane et coll. ont évalué deux types d'huile
d'arachides chez 60 patients allergiques aux arachides. Aucun des
patients n'a réagit à l'huile raffinée; six
(10%) ont réagit à l'huile non raffinée, mais de
façon moins sévère que les patients auraient
rapporté auparavant. Ils concluent que l'huile d'arachides
non raffinée risque de causer des réactions chez les
allergiques aux arachides et devrait être
évitée
- Une autre étude récente confirme cela pour les
huiles d'arachides ainsi que des huiles de noix de grenoble, amandes,
noisettes, pistaches, et macadams, concluant que les huiles de noix
et d'arachides peuvent présenter un risque de réaction
chez les allergiques aux noix et arachides dépendant de la
méthode de préparation du manufacturier.
- Par ailleurs, Olszewski et coll. rapportent l'allergie
à l'huile d'arachides par tests cutanés, et par
tests de provocation (DBPC), concluant la présence de
protéines allergéniques résiduelles dans
l'huile d'arachides non raffinée ainsi que
raffinée, et que l'augmentation de la consommation
d'allergènes sous forme d'huile d'arachides et matières
grasses peut contribuer à l'incidence ou la persistance de
symptômes et pourrait augmenter le risque de
sensibilisation.
Commentaires :
L'huile de sesame, qui
n'est pas une noix, utilisée couramment, contient des taux
considérables de protéines.
- Selon une étude venant de Suède publiée en
février, 1999, les auteurs ont conclut que la
sensibilisation à l'arachide par la consommation de vitamine A
et D dans des préparations à base d'huile (incluant
d'arachides) était peu probable ...
- Au sujet des graines et huile
de sésame :
-
- Conseils alimentaires en cas d'allergie au sésame :
Cercle d'Investigations Cliniques et Biologiques en Allergologie
Alimentaire. Liste des sources de sésame en provenance
d' AllergieNet (France).
A noter : le cas d'une femme de 52 ans
qui a manifesté de l'urticaire à plusieurs
reprises suite à la consommation de graines de
sésame, de pain indien, et des mêts chinois, grecs ou
indiens dans des restaurants, et suite à l'application de
crèmes faciales qui contenaient de l'huile de
sésame. Les tests d'allergie faits étaient
positifs au sésame, mais les tests sanguins RAST
étaient négatifs.
Une enquête sur l'allergie au sésame en
Israël en faisant des tests RAST et tests cutanés sur
234 patients référés pour allergie
alimentaire durant 1995-1996. Résultats: RAST
positifs: 13 (5.5%) au sésame. Des patients
référés à la clinique avec une
histoire d'angioedème, 15 sur 61 avait un test
cutané positif au sésame. Six de ce groupe,
âgé de 14 mois à 26 ans, ont eu des
'challenge' ouverts avec le sésame. Cinq étaient
positifs: urticaire (5), rhinite/conjonctivite (3),
nausée et tachycardie (1).
L'allergie au sésame, bien que plus rare que l'allergie aux arachides,
peut être tout aussi sévère. Le sésame
est utilisé beaucoup dans l'industrie de l'alimentation, et
les graines peuvent être dangereuses à cause de leur
versatilité.
Avec la demande croissante de diète
végérarienne, la consommation d'hamburgers
végétariens comme une alternative aux hamburgers faits
de boeuf est devenue plus fréquente.
Les graines de sésame ainsi que l'huile de sésame
contiennent des allergènes cachés qui prennent plus
d'importance et sont aussi la cause d'asthme occasionnel.
- NB. Aucune mention de relation croisée avec les
arachides, mais :
- l'allergie au kiwi, aux graines de pavot, et/ou aux
graines de sésame, survient souvent chez des patients
avec une sensibilité aux noix et à la
farine.
- Une revue de la base de données des
résultats de tests d'allergie cutanés par le
département d'allergie, du Royal Children's Hospital,
de Melbourne en Australie de 1990 à 1996, une
sensibilisation à l'arachide était
identifiée chez 1601 nourissons et enfants,
à une noix (amande, brazil, acajou, noisette ou noix
de grenoble) chez 590; et chez 491 aux deux:
représentant une incidence de sensibilisation
combinée d'au moins 0.2%. La sensibilisation s'est
manifesté tôt: chez 920 en dessous de 2 ans
à l'arachide et chez 270 à une noix. Mais
531 enfants ont montré aussi une allergie aux
graines de sésame, un nombre plus élevé
que ceux allergiques à une noix; l'allergie s'est
manifesté avant l'âge de 2 ans chez 60% ou 317
enfants.
-
-
Au sujet des graines et
l'huile de tournesol
-
La noix de coco.
- Dans le numéro de Juin 1999, du Journal of Allergy
and Clinical Immunology, Teuber et Peterson rapportent une
réaction générale à la noix de coco
(cocos nucifera) chez deux sujets porteurs d'une
hypersensibilité aux noix de grenoble et
démontrent une réactivité croisée
à des protéines légumineuses dont la
glycinine de soya. Puisque cette réaction à la noix
de coco est rare chez des patients sensibles aux noix, ils ne
recommandent pas que les patients sensibles aux noix
évitent la noix de coco.
-
- Identification des
protéines de l'arachide
-
- Selon Clarke et coll. dans le numéro d'oct. 1998 de
Clinical Experimental Allergy, il y aurait 19
différentes protéines réagissant avec
l'anticorps IgE du sérum de patients allergiques aux
arachides. Les deux principales étant Ara h 1 et Ara h 2
(70% des sujets ont réagit à ces deux
protéines). Toutefois, il y a une grande
diversité dans les protéines de l'arachide, et
une des protéines appelée 15kDa serait
impliquée chez les patients ayant eu des réactions
sévères aux arachides. Ils concluent que des
extraits allergéniques contenant une grande proportion de
cet ingrédient (15kDa) aideraient dans le diagnostic
d'allergie aux arachides.
- " ... suite
à notre caractérisation des deux allergènes
d'arachide Ara h 1 et Ara h 2, nous avons isolé un clone
cDNA codant un troisième allergène d'arachide,
l'Ara h 3.. . reconnue par l'IgE sérique d'environ 45%
de notre population allergique à l'arachide ... "
-
- Kleber-Janke, and coll. rapportent
dans Int Arch Allergy Immunol d'août, 1999, que le sérum
de 40 patients allergiques à l'arachide a décelé
au moins un des six allergènes recombinés ce qui
peut être utilisé pour établir le profil de
réactivité individuelle des patients. Une comparaison
de ces profils avec les données cliniques pourrait
éventuellement servir à faire le lien entre la
gravité des symptômes cliniques et les taux
spécifiques d'IgE à ces six différents
allergènes.
Prise en charge :
Face à ce problème sérieux qu'est l'allergie
aux arachides, il y a plusieurs organismes spécilisés :
- L'American Academy of Allergy, Asthma & Immunology :
- Anaphylaxis
in Schools and other child-care
settings(L'anaphylaxie dans les écoles et
autres établissements de soins d'enfants)
- La Société Canadienne d'Allergie et
d'Immunologie Clinique :
- La Société d'Allergie, d'Asthme et
d'Immunologie d'Ontario :
- -La Société Canadienne de
Pédiatrie - Section des Allergies :
-
dont les points importants et les
recommandations ont été soulignés par
des associations d'information sur les allergies telles que :
-
-
A
quel moment doit-on administrer l'épinéphrine
(adrénaline)?
- Cette question demeure toujours difficile à
répondre.
-
- Il n'y a aucun doute que le traitement de l'anaphylaxie est
l'épinéphrine administrée par injection
sous-cutanée ou intra-musculaire.
Toutes autres médications telles que les antihistaminiques,
les aérosols pour l'asthme, ou les stéroïdes,
que les médecins peuvent prescrire subséquemment
dans le traitement de l'anaphylaxie ne doivent pas être
considérées comme médicaments de
première ligne.
-
- Cette prise de position de l'AAAA&I,
un reflet d'un consensus originalement dressé par un
comité de la Société Canadienne d'Allergie et
d'Immunologie Clinique (SCAIC) avec les organismes provinciaux
affiliés en 1996, ajoute que :
- "l'épinéphrine est le
seul médicament qui devrait être utilisé dans
le traitement d'urgence d'un enfant ayant une réaction
allergique qui peut lui être fatale ... Chez les
patients qui ont déjà eu des réactions
anaphylactiques, il est recommandé que
l'épinéphrine soit administrée dès la
moindre réaction à la suite d'un contact réel
ou présumé avec l'allergène. Si le patient a
des antécédents connus de collapsus
cardio-vasculaire grave dû à une allergie, le
médecin peut préconiser l'administration
d'épinéphrine dans les minutes qui suivent
l'ingestion de l'aliment incriminé, avant même
qu'une réaction ne se manifeste ...
L'anaphylaxie
à l'école et dans d'autres établissements et
services pour enfants
(SCAIC).
-
- Le consensus de la SCAIC ajoute dans la
section "Conduite à tenir vis-à-vis de certains
allergènes spécifiques" en ce qui a trait à
l'allergie à l'arachide :
- L'enfant devrait être placé sous surveillance
médicale durant les quatre heures qui suivent l'ingestion
de l'allergène incriminé. Si l'un ou l'autre des
symptômes énumérés ci-après se
manifeste chez l'enfant, il faut aussitôt lui administrer
une dose d'épinéphrine et le conduire à
l'hôpital immédiatement. S'il n'y a aucune
réaction grave dans les quatre heures qui suivent, il est
peu probable qu'elle se manifestera plus tard.
-
- Urticaire
- Démangeaisons (sur n'importe quelle
partie du corps)
- Enflures (de n'importe quelle partie du
corps)
- Larmoiement
- Ecoulement nasal
- Vomissements
- Diarrhée
- Douleurs abdominales
- Altération de la voix
- Toux
- Wheezing (sifflements)
- Serrement de la gorge
- Difficulté à avaler
- Difficultés respiratoires
- Etourdissements
- Evanouissement ou perte de conscience
- Coloration bleutée de la peau
(cyanose)
-
- " Les objectifs du traitement pharmacologique (de
l'anaphylaxie) consistent à maintenir la
perméabilité des voies respiratoires et la tension
artérielle systolique. Une injection
d'épinéphrine constitue le traitement initial de
choix, elle supprime le relargage des médiateurs de
l'inflammation transportés par les mastocytes et les
basophiles et diminue directement la vasodilatation,
l'oedème et la bronchoconstriction.
L'épinéphrine doit être administrée
rapidement aux premiers signes d'alarme : démangeaison ou
enflure des lèvres ou de la bouche, constriction de la
gorge ou nausées, et avant les premiers symptômes de
détresse respiratoire, de dyspnée et de
sifflement.
-
- Le docteur Hugh Sampson dans un éditorial dans
le British Medical Journal en Avril 1996, intitulé
"Managing peanut allergy" (Le traitement de l'allergie aux
arachides) et dans sa publication de Dec. 1997 "Food Allergy"
(Allergie alimentaire) dans le JAMA suggère
que :
- les patients ayant des allergies alimentaires
sévères -- c'est-à-dire, avec des
antécédents de réactions anaphylactiques
sérieuses ou d'asthme ou les deux -- devraient avoir en
leur possession une trousse d'urgence contenant de
l'épinéphrine qu'il peuvent s'administrer
eux-mêmes, (telles qu' Ana-Kit ou Epi-Pen) et un antihistaminique
(diphenhydramine (Bénadryl) ou l'hydroxyzine
(Atarax).
Il ajoute que :
- des symptômes laryngés ou pulmonaires suite
à un contact avec l'aliment incriminé doivent
être traités immédiatement avec
l'épinéphrine ...
- Dans le numéro de Juin 1999 du Journal of Allergy
and Clinical Immunology, le docteur Sampson
réitère cette même indication pour
l'épinéphrine, et souligne aux
préposés de soins médicaux, que le traitement
doit être fait sans délai chez les patients à
risque élevé, et qu'ils doivent être
transportés à l'urgence de l'hôpital le plus
près pour évaluation et traitement additionnels.
-
-
- Dans le numéro du mois d'Août, 1999 du Journal of
Allergy and Clinical Immunology, Yocum et coll.
présentent leurs critères sur ce qu'est
l'anaphylaxie dans leur publication intitulée
" Epidemiology of anapyhylaxis in Olmstead County : A
population-based study ".
Pour un diagnostic de choc anaphylactique, il fallait :
- un symptôme relié à la
libération des substances médiatrices, tel
qu'érythème (rougeur), démangeaison,
engourdissement ou picottement des lèvres, aisselles, ou
des extrémités, démangeaison
généralisée, urticaire ou
angioédème (enflure de la bouche ou gorge), et des
yeux rouges avec picottement;
- et au moins un des symptômes suivants :
- symptômes buccaux ou gastro-intestinaux tels
que : démangeaison buccale ou au niveau des muqueuses,
enflure buccale, enflure de la langue, du palais ou de la
gorge, nausées, vomissements, difficulté à
avaler, crampes abdominales ou diarrhées;
- symptômes respiratoires : rhinite
(éternuements, écoulement nasal) serrement de la
gorge, toux, wheezing (silement) voix enrhouée,
alteration de la voix, essoufflement, enflure de la gorge,
cyanose (coloration bleutée de la peau);
- symptômes cardio-vasculaires: douleur
sternale, pouls irrégulier, rapide ou lent, baisse de la
tension artérielle, évanouissements,
étourdissements, convulsions et choc.
( Seulement deux exceptions à ces critères : enflure
de la gorge et du larynx isolé ou choc instantané et
syncope suite à une injecion d'un médicament ou d'une
substance de contraste ( utilisée pour certains examens
radiologiques ).
La conclusion que l'on doit tirer de cette
"définition" d'un évènement anaphylactique
est qu'il est très difficile de distinguer entre une
réaction allergique légère et une
réaction anaphylactique, et qu'il serait
préférable d'administrer l'épinéphrine
s'il y a moindre doute !
En Europe, leur attitude est un peu différente.Le
docteur Etienne Bidat, Paris et Boulogne, dans sa prise
en charge du choc anaphylactique sur le site web
d'AllergieNet, suggère :
- " L'anaphylaxie est l'urgence extrême en allergologie. Il
n'y a pas de temps à perdre. Il faut intervenir tout de
suite. Le choc anaphylactique est souvent annoncé par des
signes qui doivent vous faire débuter un traitement
immédiatement. Ces signes peuvent être
discrèts ... il est préférable de
débuter un traitement plutôt que d'attendre pour voir
si cela se confirme. Il recommande un antihistaminique
devant des symptômes comme des démangeaisons, enflure
palpébrale, urticaire, écoulement nasal, des yeux
rouges ou des maux de ventre, et communiquer avec le
médecin. Si les signes annonciateurs sont plus bruyants
(toux, sifflements, vomissements en jet) en plus de
l'antihistaminique, un médicament pour les symptômes
respiratoires e.g. un bronchodilatateur, et un
stéroïde par la bouche et appeler le SAMU. Si
malgré ces mesures ou d'emblée, si la
réaction est majeure, injection d'épinéphrine
et appeler les secours d'urgence.
Selon l'article de Moneret-Vautrin et Kanny, publié dans le
numéro de Mai 1999 de Allerg Immunol (Paris)
intitulé " Anaphylaxis
in schools and other child-care settings --the situation in
France " ( L'anaphylaxie dans les écoles et autres
établissements pour enfants -- la situation en France ) leur
approche est en voie de changement. Les allergologues et le
médecin préposé au Département de
Santé Scolaire utilisent un formulaire de soins de
santé d'urgence, appelé " Projet d'Accueil
Individualisé " avec description de symptômes, directives
et traitement ... L'épinéphrine est le premier
médicament à utliser comme traitement.
- En Angleterre, l'attitude est aussi conservatrice.
L'épinéphrine en inhalation, maintenant
n'étant plus disponible, a été utilisé
fréquemment pour traiter les réactions
anaphylactiques reliées à une allergie alimentaire.
Un antihistaminique est recommandé pour les
réactions légères, urticariennes,
souvent reliées à un contact.
L'épinéphrine est réservée pour des
réactions plus sérieuses suite à
l'ingestion de l'aliment incriminé, réactions qui ne
sont pas résolues dans 5-10 minutes, suivie de transport du
patient à l'urgence la plus près.
L'antihistaminique peut suffir dans certaines réactions,
l'épinéphrine injectée si la réaction
semble progresser.
-
- Médicament anti-IgE :
nouveau traitement pour l'allergie à l'arachide ?
-
- Au courant du mois de déc. 1999, les médias
rapportaient qu'un nouveau médicament anti-IgE a
été évalué comme traitement de
l'asthme, suite à la publication dans le New England
Journal of Medicine de résultats favorables d'une
étude du médicament chez des asthmatiques : Treatment
of Allergic Asthma with Monoclonal Anti-IgE
Antibody.
L'effet du médicament serait son action directe
sur l'anticorps sensiblisant IgE, l'élément
allergique dans l'asthme. Le 28 déc. 1999, au site internet
de PeanutAllergy.com on affichait que le médicament en
question est actuellement évalué comme traitement de
l'allergie sévère:à l'arachide : Tanox
announces start fo anti-IgE clinical
trial.
Dans l'article cité, des
commentaires des membres ainsi que de deux des investigateurs de
l'étude, le Dr. Donald Leung, et le Dr. Hugh Sampson sont
inclus : " L'étude est entreprise dans le but de
déterminer si ce médicament anti-IgE sera efficace
ou non dans la prévention de réactions
anaphylactiques à l'arachide. S'il s'avère efficace
chez les patients allergiques à l'arachide, il sera
probablement aussi efficace pour ce qui est d'autres allergies
alimentaires ... Il ya jieu d'être très optimistes envers ce
médicament ...
Les éléments importants sont entre
autres :
- que des traces d'arachides peuvent être
retrouvées dans une foule d'aliments
préparés, sans mention faite sur
l'étiquetage
;
- la sensibilisation durant la grossesse n'a pas
été démontrée, mais peut se produire
durant l'allaitement;
- reconnaître les symptômes d'une réaction
anaphylactique survenant rapidement, pas nécessairement
dans cet ordre (urticaire, enflure des lèvres et de la
langue, difficulté à avaler, sensation de serrement
pharyngé et thoracique, démangeaisons, salivation,
toux, difficulté à respirer, changement de la voix,
éternuements, nausées, vomissements, douleurs
abdominales, diarrhées, étourdissements,
pâleur, perte de connaissance, etc);
- agir rapidement s'il s'agit de réaction
anaphylactique : administrer de l'adrénaline
(épinephrine) disponible sous forme de trousse d'urgence
(Epipen, ou Anakit);
- pas question de désensibilisation à l'heure
actuelle;
- la prévention
- Contamination
croisée : Qu'est-ce qu'on peut considérer sans
arachides ?
- L'éducation :
- solutions suggérées pour l'école :
- A Teacher's Guide to Allergies and
Anaphylaxis
- Zones libres d'allergie protègent l'élève
allergique (Allergy Free Zone
Protects Student)
- Comment faire face aux allergies alimentaires en classe
( Managing Food Allergies in Your
Classroom ).
- Comment
préparer les aliments de façon
sécuritaire (Preparing Foods
Safely).
- *
Interdire les arachides dans les
écoles ?
Il y a aussi d'autres aspects qui sont abordés dans cette
situation : l'aspect légal.
En résumé :
- historique spéciale des arachides :
- aliment de base, souvent caché dans
beaucoup d'aliments
- introduits chez les enfants plus
précocement
- le nombre d'allergiques aux arachides augmente
- réactions souvent surviennent lors du premier
contact, et peuvent être dangereuses à la vie,
nécessitant des traitements d'urgence
- intensité des réactions augmente,
décès rapportés plus souvent
- l'allergie aux arachides tend à demeurer pendant
des années; toutefois, l'allergie disparait chez
certains
- tests d'allergie et épreuves sanguines pas un
indicateur fiable de l'intensité des
réactions; peuvent aussi être positifs chez le
patient qui ne réagira plus
- imprévisibilité de l'allergie aux
arachides
.
- Le suivi des allergiques aux
arachides, suite à la réaction initiale :
- éviter tout ce qui peut contenir des
arachides
- Eviter les noix mélangées
qui peuvent contenir des arachides et à cause du
manque de distinction entre les arachides et les noix dans le
domaine de l'alimentation, lorsqu'on mentionne 'noix' cela peut
signifier les arachides aussi. De plus, environ un tiers des
enfants allergiques aux arachides sont aussi allergiques
à différentes noix.
- Lire les étiquettes, se souvenir que la
présence d'arachides n'est pas toujours
mentionnée, éviter de consommer des
préparations nouvelles dont on connait pas exactement
les ingrédients.
- Pour ce qui est des autres légumineuses (pois,
fèves, luzerne, lentilles, soya) les supprimer
totalement ne changera pas l'allergie aux arachides; on les
supprime si le patient a déjà réagit
à un au l'autre. Les très allergiques aux
arachides vont souvent réagir aux pois.
- *
L'allergique aux arachides habituellement va tolérer
la plupart des autres membres de la famille des
légumineuses.
- Le patient va souvent tolérer certaines noix,
noisettes ou amandes, dans des préparations comme
céréales, barres tendres etc, et peut continuer
à consommer ces aliments, mais peut-on être
sûr qu'ils ne contiennent pas d'arachides ?
- Si la réaction initiale était une
réaction anaphylactique, l'Epipen doit toujours
être disponible et utilisé d'emblée si
ingestion accidentelle, avant même qu'il y ait
réaction quelconque. Si la réaction initiale
était manifestée que par de l'urticaire, l'Epipen
n'est pas utilisé dès l'ingestion accidentelle
d'arachide mais seulement s'il y a signe quelconque que la
réaction semble progresser vers l'anaphylaxie
.
- Du moment que le test d'allergie est positif,
chez un patient qui a été vu et
évalué suite à une réaction
à un aliment contenant des arachides, quelle que soit
son taux de positivité, il faut considérer le
patient comme allergique, et il doit continuer à
éviter les arachides et tout ce qui peut en
contenir. S'il y a eu ingestion accidentelle d'arachides
sous une forme quelconque, et aucune réaction est
survenue, refaire un test d'allergie et si négatif ou
positif, songer à un test de provocation ("challenge")
fait par un allergiste en milieu hospitalier.
-
- Questions :
-
- La question que beaucoup peuvent se poser : doit-on considérer
tous les enfants ayant eu une réaction allergique aux
arachides manifestée par de l'urticaire, dans bien des
cas localisée qu'au visage, de courte durée
n'ayant pas nécessité de traitement, chez qui un
test cutanté est positif aux arachides, comme
étant en danger de faire une réaction
anaphylactique à un moment donné ?
-
- Il est demandé de faire des
tests d'allergie chez un enfant qui n'a jamais mangé
d'arachide ou de noix, ou bien chez un frère ou une
soeur d'un enfant allergique aux arachides ( alors qu'il n'a
jamais mangé d'arachides ou noix) pour voir s'il ou elle
ne serait pas aussi allergique. Suite aux publications
récentes qui soulignent que plus de 70% des
premières réactions aux arachides surviennent
sans avoir eu contact quelconque avec l'aliment auparavant,
est-ce que le test doit être fait aux arachides ?
-
- Si le test revient négatif, l'enfant n'est
pas considéré allergique à l'aliment,
quelles sont les recommandations ? L'enfant peut-il
consommer des préparations d'arachides ?
-
Réponse : S'il s'agit d'un enfant très jeune,
introduction d'arachides pas avant l'âge de 5 ans.
- Si le test revient positif, et parfois de
façon marquée, on conclut que l'enfant est
allergique évidemment, et il continue à
éviter les arachides et les noix. Peut-on conclure
qu'une réaction allergique, possiblement
anaphylactique, serait survenue si l'enfant avait
mangé l'aliment, et que faire un test dans ces
cas-là est en sorte une prévention ?
-
- Dans un article du British Medical Journal de 1996, Hourihane et al
ont rapporté leurs constatations suite à une
enquête de personnes étiquetées allergiques
aux arachides ou référées par leur
médecin pour allergie soupçonnée aux
arachides, reliées à
l'hérédité, la diète de la
mère, et à d'autres maladies atopiques :
- Toutes formes d'atopie étaient plus évidentes
dans les générations successives et davantage
chez la parenté maternelle que paternelle
- L'allergie à l'arachide était
rapportée par 0.1% (3/2409) des grand-parents, 0.6%
(7/1213) des oncles et tantes, 1.6% (19/1218) des parents, et
6.9% (42/610) des frères et soeurs.
- La consommation des arachides durant la grossesse et
l'allaitement était plus évidente chez les
mères des enfants allergiques de moins de 5 ans, que
chez les plus âgés que 5 ans.
- Les premières manifestations étaient
inversement proportionnelles à l'année de
naissance, i.e. les plus jeunes enfants ont eu leur
première réaction plus tôt.
- Les tests d'allergie cutanés chez 50 enfants avec
histoire de réaction aux arachides ... chez 14% ils
étaient négatifs. Aucun parent et 13% (5/39) des
frères et soeurs avaient des tests positifs. Deux des
frères ou soeurs avaient un challenge négatif aux
arachides. Donc, la prévalence d'allergie à
l'arachide chez les frères et soeurs était de 7%
(3/39).
-
- Conclusions :
- L'allergie à l'arachide est plus courante chez
les frères et soeurs de personnes allergiques à
l'arachide (7%) que chez les parents ou dans la population en
général (1.3%).
- L'augmentation de sa prévalence peut refléter
une augmentation générale d'atopie, qui
est héritée davantage du côté
maternel.
- L'allergie à l'arachide se manifeste plus
tôt dans la vie, possiblement relié
à la consommation d'arachides augmentée durant la
grossesse et l'allaitement.
- * Selon Hugh
Sampson, ... "les très jeunes enfants à risque
élevé de développer de l'allergie aux
arachides ou aux noix doivent être identifiés. On
parle d'enfants de familles atopiques ou de familles ayant des
allergies alimentaires ou d'autres maladies atopiques. Les parents
doivent être avisés d'éliminer tout aliment
pouvant contenir des arachides de la diète de l'enfant pour
au moins trois ans, et les mères qui allaitent aussi de
supprimer tout produit contenant des arachides de leur
diète. Les enfants de moins de trois ans qui sont
évalués pour d'autres allergies devraiet subir un
test à l'arachide, et tout enfant ayant des anticorps
spécifiques IgE aux arachides doivent éviter tout
aliment contenant des arachides pour trois à cinq ans. Si
aucune réaction se manifeste suite à l'ingestion
accidentelle d'arachides entretemps, l'enfant est à
ré-évaluer pour la présence d'anticorps IgE
spécifiques à l'arachide ou aux noix et pour
réactivité clinique aux arachides." (voir aussi:
Valeur
prévisible du test cutané.)
-
-
- 1. Est-ce qu'en évitant l'exposition aux arachides
et noix durant l'enfance prévient le développement
des allergies ?
-
- Question difficile à répondre. Nous avons
besoin de plus de données sur une longue période
de temps pour être certain. Une de nos hypothèses
est que l'introduction précoce des arachides est un
facteur important responsable de l'augmentation de l'allergie
à l'arachide. Si vrai, retarder l'introduction pourrait
prévenir cette allergie. Il est bien connu dans d'autres
allergies que les très jeunes enfants, si exposés
à un allergène puissant, ont plus tendance
à réagir. Nous n'avons pas vu ce grand nombre de
jeunes enfants avec allergie à l'arachide jusqu'à
récemment, alors quelque chose a changé, et une
des choses qui a changé est la diète.
-
- 2. Y a t'il des cas d'adultes qui ont toujours
consommé des arachides sans problème et développer
un jour une allergie à l'arachide ?
-
- Très peu. On en voit, mais rarement, malgré que
l'allergie peut commencer à tout âge.
-
3. Est-ce que les tests d'allergie sont dangereux chez les
très jeunes enfants ?
-
- Les tests d'allergie sont sans danger, mais il est
important qu'ils soient faits par des personnes
qualifiés, parce que des réactions peuvent
survenir occasionnellement. De nombreux tests chez un
grand nombre de personnes allergiques aux noix, incluant des
très jeunes, et n'ont pas eu de réactions
adverses.
-
- 4. Est-ce que des facteurs génétiques jouent
un rôle dans la prédisposition à l'allergie
aux noix ou autres allergies ?
-
- C'est sûrement vrai pour d'autres allergies, et je
présume que ça s'applique à l'allergie aux
noix. Il est bien connu depuis longtemps que si un parent est
allergique, il y a une bonne chance que l'enfant le devienne,
et si les deux parents sont allergiques, les chances sont
d'autant plus grandes. Mais il ne s'agit pas d'une allergie
héritée directement. Essayer de défricher
le lien entre les gènes et le développement des
réponses allergiques des anticorps est complexe. Presque tous les patients qui
étaient allergiques aux arachides et aux noix avaient
aussi d'autres allergies usuelles, ils étaient donc
prédisposés génétiquement.
-
- 5. Le bébé peut-il être
sensibilisé durant l'allaitement ?
-
- Probablement. Nous savons que les protéines
provenant de la diète de la mère peuvent se
retrouver dans le lait maternel. C'est un fait pour d'autres
aliments, alors il n'y a pas raison de croire que la même
chose ne survienne pas avec les arachides, malgré
qu'à ma connaissance, cela n'a pas été
démontré de façon concluante. Vous devez
avoir été exposé auparavant pour pourvoir
produire un anticorps qui cause l'allergie, alors
théoriquement, la réaction ne peut pas se
produire au premier contact. Dans des cas où la
mère est certaine que la réaction s'est produite
au premier contact, on se demande, "est-ce que la
sensibilisation s'est produite avec le lait maternel ?" Il est
possible que des quantités minimes de
protéine dans le lait maternel soient suffisantes pour
sensibiliser le bébé -- en fait, lui
faire provoquer la production d'anticorps dommageants,
allergisants, à la protéine. Une autre
théorie possible serait le passage de cette
protéine à travers la barrière
placentaire, durant la grossesse. Si la mère consomme
beaucoup d'arachides durant la grossesse, il est
théoriquement possilble que les protéines
traversent la barrière placentaire au
bébé.
-
- 6 . Quels sont les éléments qui contribuent
à l'augmentation des allergies ?
-
- Durant les dernières 10 ou 20 années, il y a
eu une grande augmentation du nombre des allergies.
L'exposition plus précoce à des allergènes
est un facteur important, mais il ne semble pas que ce soit le
seul élément. Un autre facteur est l'atopie, la
tendance à produire des anticorps allergisants. Un
enfant atopique exposé au beurre d'arachide est à
un risque plus élevé de développer une
allergie à l'arachide qu'un enfant non atopique. Nous
avons trouvé l'atopie dans 96% des enfants de cette
étude en pratiquant des tests d'allergie aux
allergènes habituels. Le même nombre avaient
d'autres conditions allergiques -- l'asthme ou la rhinite
allergique, ou la dermite atopique. Une théorie est que
le tout serait relié à notre mode de vie moderne.
La façon que nous vivons aujourd'hui, dans des demeures
plus fermées avec chauffage central, des moquettes et
des fenêtres doublées, favorisent la croissance
des acariens de la poussière de maison, qui sont une des
plus grandes causes d'asthme, de rhinite et d'eczéma.
Cela pourrait être un facteur très important, et
il y en a d'autres possiblement que l'on ne connait pas.
-
-
Une chose semble évidente, si vous
avez un enfant allergique, il n'est pas sage de donner des
arachides ou noix à cet enfant. Ce conseil s'applique
probablement à tous les enfants, même
non-allergiques, mais il n'y a pas de données pour
appuyer ce conseil. Mais si votre enfant est allergique, il y a
plusieurs raisons qui suggèrent au moins de retarder
l'introduction des arachides et noix dans sa diète, et
chose sûre, ne pas penser à en donner aux très
jeunes enfants. Il s'agit d'une allergie terrible -- parfois
dangereuse, avec des conséquences potentiellement
sérieuses, que l'on doit tâcher d'éviter, si
possible.
Bibliographie :
1. Rance F, Dutau G.: Labial food challenge in children with food allergy.
Pediatr Allergy Immunol 1997 Feb;8(1): 41-44.
2. Hourihane JO, Kilburn SA, Dean P, Warner JO: Clinical caracteristics of peanut
allergy. Clin Exp Allergy 1997 Jun;27(6):634-639.
3. Nelson HS, Lahr J, Rule R, Bock A, Leung D: Treatment of anaphylactic
sensitivity to peanuts by immunotherapy with injections of aqueous
peanut extract. J Allergy Clin Immunol 1997 Jun;99(6 Pt
1):744-751.
4. Foucard T, Edberg U, Malmheden Yman I.: [Fatal and severe food
hypersensitivity. Peanut and soya underestimated allergens].
Lakartidningen 1997 Jul 23;94(30-31):2635-2638.
5. Chandra RK.: Food hypersensitivity and allergic disease: a selective
review. Am J Clin Nutr 1997 Aug:66(2):526S-529S.
6. Cantani A.: Allergic reaction to inadvertent peanut contact in a child.
Allergy Asthma Proc. 1997 Sep;18(5):323-326.
7. Anderson JA: Milk, eggs and peanuts: food allergies in children. Am Fam
Physician 1997 Oct 1;56(5):1365-1374.
8. Sampson HA, Ho DG.: Relationship between food-specific IgE concentrations and
the risk of positive food challenges in children and adolescents. J
Allergy Clin Immuno 1997 Oct;100(4):444-451.
9. Rance F, Juchet A, Bremont F, Dutau G.: Correlations between skin prick
tests using commercial extracts and fresh foods, specific IgE, and
food challenges. Allergy 1997 Oct;52(10):1031-1035.
10. Hourihane JO'B, Kilburn SA, Nordlee JA, Hefle SL, Taylor SL, Warner JO.: An
evaluation of the sensitivity of subjects with peanut allergy to very
low doses of peanut protein: a randomized, double-blind,
placebo-controlled food challenge study. J Allergy Clin Immunol 1997
Nov;100(5):596-600.
11. Sampson HA.: Food Allergy. JAMA 1997 Dec 10;278(22):1888-1894.
12. Hourhane JO, Roberts SA, Warner JO: Resolution of peanut allergy: case-control
study. BMJ 1998 Apr 25;316(7140):1271-1275. (article complet
accessible)
13. Sicherer SH, Burks AW, Sampson HA.: Clinical features of acute allergic
reactions to peanut and tree nuts in children. Pediatrics 1998
Jul;102(1):E6.
14. Hogendijk S, Eigenmann PA, Hauser C.: [The problem of hidden food
allergens: two cases of anaphylaxis to peanut proteins concealed in a
pizza sauce]. Schweiz Med Wochenschr 1998 Jul
21;128(29-30):1134-1137.
15. Bush RK: Management of peanut allergy. Can J All & Clin
Imm 1996 Nov;1(5):178-183.
16. Altman DR, Chiaramonte LT.: Public perception of food allergy. J. Allergy
Clin Immunol 1996;97:1247-1251.
17. Bock SA, Atkins FM: The natural history of peanut allergy. J Allergy Clin
Immunol 1989;83:900-904.
18. Hourihane JO, Bedwani SJ, Dean TP, Warner JO: Randomised, double-blind,
crossover challenge study of allergenicity of peanut oils in sujects
allergic to peanuts. BMJ 1997 Apr 12;314(7087):1084-1088.
(article complet accessible)
19. Teuber SS, Brown RL, Haapanen LA: Allergenicity of gourmet nut oils
processed by different methods. J Allergy Clin Immunol 1997
Apr;99(4):502-507.
20. Steinman, HA: "Hidden allergens in foods. J Allergy Clin Immunol 1996 Aug;
98(2):241-250.
21. Bock SA: Incidence of severe food reactions in Colorado (Abstract).J.
Allergy Clin Immunol 1992;89:192
22. Peggy Curran, The Gazette, Peanut-butter blues: Lunch-bag staple fallen on
hard times. Tuesday 15 September 1998.
23. Moneret-Vautrin DA, Rance F, Kanny G, Olsewski A, Gueant JL, Dutau G, Guerin L:Food
allergy to peanuts in France--evaluation of 142 observations.Clin Exp
Allergy 1998 Sep;28(9):1113-9
24. Olszewski A, Pons L, Moutete F, Aimone-Gastin I, Kanny G, Moneret-Vautrin DA,
Gueant JL Isolation and characterization of proteic allergens in
refined peanut oil. Clin Exp Allergy 1998 Jul;28(7):850-9
25. Une allergie réversible ? L'Actualité Vol: 23 No: 10 15 juin 1998
p 62.
26. Bock, SA: The natural history of food sensitivity. J Allergy Clin Immunol,
69:173-177, 1982
27. Bock SA, The natural history of severe reactions to foods in young
children. J Pediatr,107:676-680, 1985
28. Rosen JP, Selcow JE, Mendelson LM, Grodofsky MP, Factor JM, Sampson HA:
Skin testing with natural foods in patients suspected of having food
allergies: is it a necessity? J Allergy Clin Immunol 1994
Jun;93(6):1068-70.
29. Bock SA: Prospective appraisal of complaints of adverse reactions to foods
in children during the first three years of life. Pediatrics
1987;79:683-688.
30. David, T: Patients have not been proved to grow out of peanut allergy. BMJ
1998;317:1317 (7 nov.) (article complet accessible)
31. Kmietowicz, Z: Women warned to avoid peanuts during pregnancy and lactation. BMJ
1998;316:1926 (27 June.) (article complet accessible)
32. Tariq SM, Stevens M, Mathews S, Ridout S, Twiselton R, Hide DW.
Cohort study of peanut and tree nut sensitisation by age of 4 years.
BMJ 1996;313:514-517 (article complet accessible)
33. Ewan PW. Clinical study of peanut and nut allergy in 62 consecutive
patients: new features and associations. BMJ 1996;312:1074-78
(article complet accessible)
34. Ewan PW. Prevention of peanut allergy. Commentary. Lancet 1998 Jul
4;352(9121):4-5
35. Fox, DE, Lack G. as well as Pumphrey RSH, Wilson PB, Bansal, AS: Peanut
allergy. Lancet 1998 Aug 29;352(9129);741-2 (correspondance)
36. Bernhisel-Broadbent J, Sampson HA. Cross-reactivity in the legume botanical family in
children with food hypersensitiviy. J Allergy Clin Immunol.
1989;83:435-440
37. Zimmerman B, Forsyth S, Gold M. Highly atopic children: formation of
IgE antibody to food protein, especially peanut. J. Allergy Clin
Immunol. 1989;83:764-770
38. Hourihane, JO: Prevalence and severity of food allergy -- need for control.
Allergy 1998;53(46 Suppl):84-88.
39. Clarke MC, Kilburn SA, O'B Hourihane J, Dean KR, Warner JO, Dean TP.:
Serological characteristics of peanut allergy. Clin Exp Allergy 1998
Oct;28(10):1251-1257.
40. Greenbaum, J.: Allergen immunotherapy - Communication. Can J of
Allergy & Clin Immunol.3:6, Nov 1998.
41. Vieths S, Hoffmann A, Holzhauser T, Muller U, Reindl, J, Haustein D. Factors
influencing the quality of food extracts for in vitro and in vivo
diagnosis. Allergy 1998;53(46 suppl):65-71
42. Brett GM, Bull VJ, Morgan MR. Identification of hidden allergens within
foods. Allergy 1998;53(46 Suppl):109-10
43. Eigenmann PA, Sampson HA: Interpreting skin prick tests in the evaluation of
food allergy in children. Pediatr Allergy Immunol 1998
Nov;9(4):186-91
44. Hourihane JO, Dean TP, Warner JO: Peanut allergy in relation to heredity,
maternal diet, and other atopic diseases: Results of a questionnaire
survey, skin prick testing, and food challenges. BMJ
313(7056):518-21, 1996 Aug 31 (texte complet accessible)
45. Vocks E, Borga A, Szliska C, Seifert HU, Seifert B, Burow G, Borelli S.
Common allergenic structures in hazelnut, rye grain, sesame seeds,
kiwi, and poppy seeds. Allergy 1993 Apr;48(3):168-72
46. Sampson HA: Managing peanut allergy. Editorial. BMJ 1996;312:1050-1051 (27
April) (article complet accessible)
47. Pamela W Ewan :Clinical study of peanut and nut allergy in 62 consecutive
patients: new features and associations. BMJ 1996;312:1074-1078 (27
April) (article complet accessible)
48. Axelsson IG, Ihre E, Zetterstrom O: Anaphylaxtic reactions to sunflower seed.
Allergy 1994 Aug;49(7):517-20.)
49. Halsey AB, Martin ME, Ruff ME, Jacobs FO, Jacobs RE: Sunflower oil is
not allergenic to sunflower seed-sensitive patients. J Allergy Clin
Immunol 1986 Sep;78(3 Pt 1):408-10.
50. Fernandez C, Martin-Esteban M, Fiandor A, Pascual C, Lopez Serrano C, Martinez
Alzamora F, Diaz Pena JM, Ojeda Casas JA: Analysis of
cross-reactivity between sunflower pollen and other pollens of the
Compositae family. J Allergy Clin Immunol 1993
Nov;92(5):660-7)
51. Perkins MS: Sesame allergy is also a problem. Letter. BMJ 1996; 313:330 (3
August) (full text)
52. Kagi MK, Wuthrich B.: Flafel burger anaphylaxis due to sesame seed
allergy. Ann Allergy 1993 Aug;71(2):127-9.
53. Kanny G, De Hauteclocque C, Moneret-Vautrin DA: Sesame seed and sesame seed
oil contain masked allergens of growing importance. Allergy 1996
Dec;51(12):952-7
54. Moneret-Vautrin DA, Kanny G, Lagrange A.: [Occupational asthma caused by organic
substances]. Rev Med Interne 1994;15 Suppl 2:216s-225s
55. Sporik R, Hill, D.: Allergy to peanut, nuts, and sesame seed in Australian
children. Letter. BMJ 1996;313:1477-1478 (7 December) (article
complet accessible)
56. A. Wesley Burks, MD, John James, MD: Mechanismes of Food Allergy.
Medscape/RespiratoryCare/journal/1997/v01.n08. (Sur Internet
seulement; accès par Medscape;
texte complet)
57. Rabjohn P, Helm EM, Stanley JS, West CM, Sampson HA, Burks AW, Bannon GA .
Molecular cloning and epitope analysis of the peanut allergen ara h
3. J Clin Invest 1999 Feb;103(4):535-42
58. Fries JH. Peanuts: allergic and other untoward reactions. Ann Allergy 1982
Apr;48(4):220-6
59. Dawe RS, Ferguson J. Allergy to peanut. Lancet 1996 Nov
30;348(9040):1522-3 (comment)
60. Scientists develop vaccine stratedy for peanut allergy. BMJ 1999;318:894 ( 3
April )
61. Rance F, Dutau G.: Peanut hypersensitivity in children. Pediatr Pulmonol
Suppl 1999;18:165-7.
- 62. Yunginger JW, Sweeney KG, Sturner WQ, Giannandrea LA, Teigland JD, Bray M,
Benson PA, York
- JA, Biedrzycki L, Squillace DL, et al. Fatal food-induced anaphylaxis.
JAMA 1988 Sep 9;260(10):1450-2.
-
- 63. Sampson HA, Mendelson L, Rosen JP.Fatal and near-fatal anaphylactic
reactions to food in children and
- adolescents.N Engl J Med 1992 Aug 6;327(6):380-4
-
- 64. Pumphrey RS, Stanworth SJ .The clinical spectrum of anaphylaxis in
north-west England. Clin Exp Allergy 1996 Dec;26(12):1364-70
-
- 65. Sicherer SH, Munoz-Furlong A, Burks AW, Sampson HA: Prevalence of peanut
and tree nut allergy in the US determined by a random digit dial
telephone survey. J Allegy Clin Immunol 1999;103:559-62
-
- 66. Roy K, Mao HQ, Huang SK, Leong KW : Oral gene delivery with
chitosan--DNA nanoparticles generates immunologic protection in a
murine model of peanut allergy. Nat Med 1999
Apr;5(4):387-91
-
- 67. Fiocchi A, Restani P, Travaini M, Decet E, Gaiaschi A, Bernardo L, Riva.:
Carob is not allergenic in peanut-allergic subjects E Clin Exp
Allergy 1999 Mar;29(3):402-6
-
- 68. Foucard T, Malmheden, Yman I.: A study of severe food reactions in Sweden
-- is soy portein an underestimated cause of food anaphylaxis?
Allergy 1999 Mar;54(3):261-5
-
- 69. Armstrong D, Rylance G. Definitive diagnosis of nut allergy. Arch Dis Child
1999 Feb;80(2):175-7
-
- 70. Teuber SS, Peterson WR: Systemic allergic reaction to coconut (Cocos
nucifera) in 2 subjects with hypersensitivity to tree nut and
demonstration of cross-reactivity to legumin-like seed storage
proteins: New coconut and walnut food allergens. J Allergy Clin
Immunol 1999 Jun;103(6):1180-1185
-
- 71. Sampson HA: Food allergy, Part 1: Immunopathogenesis and clinical
features. J Allergy Clin Immunol 1999 May;103(5 Pt
1):717-28
-
- 72. Sampson HA: Food allergy, Part 2: Diagnosis and management. J Allergy Clin
Immunol 1999 Jun;103(6):981-9
-
- 73. Emmett SE, Angus FJ, Fry JS, Lee PN: Peerceived prevalence of peanut
allergy in Great Britain and its association with other atopic
conditions and with peanut allergy in other household members.
Allergy 1999 Apr;54 (4):380-5
-
- 74. David TJ: Anaphylactic shock during elimination diets for severe atopic
eczema. Arch Dis Child 1984:983-6.
-
- 75. Oppenheimer JJ, Bock SA: The ice cream parlor challenge could be a killer. J
Allergy Clin Immunol 1998;102:325-6
-
- 76. Sicherer SH, Furlong TJ, DeSimone J, Sampson HA: Self-reported allergic
reactions to peanut on commercial airliners. J Allergy Clin
Immunol 1999;104:186-9.
-
- 77. James JM: Airline snack foods: Tension in the peanut gallery. J Allergy
Clin Immuol 1999;104:25-27
-
- 78. Kull I, Hallner E, Lilja G, Ohman-Hohansson AC, Oman H, Wickman M:
Peanut oil in vitamin A and D preparations: reactions to skin test
and manifestation of symptoms. Pediatr Allergy Immunol 1999
Feb;10(1)21-6
-
- 79. Frank L, Marian A, Visser M, Weinberg E, Potter PC: Exposure to peanuts
in utero and in infancy and the development of ssensitization to
peanut allergens in young children. Pedatr Allergy Immunol 1999
Feb;10(1):27-32
-
- 80. Burks W, Bannon GA, Sicherer S, Sampson HA: Peanut-induced Anaphylactic
Reacions. aint Arch Allergy Immunol 1999
Jul;119(3):165-172
-
- 81. Hong SJ, Michael JG, Fehringer A, Leung DY: Pepsin-digested peanut
contains T-cell epitopes but no IgE epitopes. J Allergy Clin
Immunol 1999 Aug;104(2 Pt 1):473-478
-
- 82. Kleber-Janke T, Crameri R, Appenzeller U, Shlaak M, Becker W: Selective cloning
of peanut allergens, including profilin and 2S albumins, by phage
display technology. In Arch Allergy Immunol 1999
Aug;119(4):265-274
-
- 83. Pumphrey RS, Wilson PB, Faragher EB, Edwards SR: Specific immunoglobulin E
to peanut, hazelnut and brazil nut in 731 patients: similar
patterns found at all ages. Clin Exp Allergy 1999
Sep;29(9):1256-1259
-
- 84. American Academy of Allergy, Asthma and Immunology Board of Directors. The
use of epinephrine in the treatment of anaphylaxis. J Allergy Clin
Immunol 1994;94:666-8.
-
- 85. Simons EF, Roberts JR, Gu X, Simons J. Epinephrine absorption in children
with a history of anaphylaxis. J Allergy Clin Immunol
1998;101:33-7
-
- 86. Moneret-Vautrin DA, Kanny G.: Anaphylaxis in schools and other child-care settings
-- the situation in France. Allerg Immunol (Paris) 1999
May;31(5):141-4
-
- 87. Yocum MW, Butterfiled, JH, Klein, JS, Volcheck GW, Schroeder DR,
Silverstein MD: Epidemiology of anaphylaxis in Olmsted County: A
population-based study. J Allergy Clin Immunol
1999;104:452-6
-
- 88. Spergel JM, Wasserman P, Pawlowski NA. Resolution of
childhood peanut allergy. Program and abstracts of the 1999 Annual
Meeting of the American College of Allergy, Asthma, and
Immunology; November 12-17, 1999; Chicago, Ill. Abstract 49.
-
- 89. Henry Milgrom, Robert B. Fick, Jr., John Q. Su, James D. Reimann, Robert
K. Bush, Marc L. Watrous, W. James Metzger, for the rhuMAb-E25
Study Group Treatment of Allergic Asthma
with Monoclonal Anti-IgE Antibody.N Engl J Med
1999;341:1966-73.
-
- 90.
Zeiger RS: Dietary aspects of food allergy prevention in infants and
children. J Pediatr Gastroenterol Nutr..2000;30
Suppl:S77-86
-
- 91. Hefle SL, Lemanske RF Jr, Bush RK.: Adversse reaction to
lupine-fortified pasta. J Allergy Clin Immunol 1994 Aug;94(2 Pt
1): 167-72
-
- 92.
Moneret-Vautrin DA, Guerin L, Kanny
G, Flabbee J, Fremont S, Morisset M.: Cross-allergenicity of
peanut and lupine: The risk of lupine allergy in patients allergic
to peanuts. J Allergy Clin Immunol 1999 Oct;104(4 Pt
1):883-888
-
- 93. Matheu
V, de Barrio M, Sierra Z, Gracia-Bara MT, Tornero P, Baeza ML:
Lupine-induced anaphylaxis. Ann Allergy Asthma Immunol 199
Nov,83(5):406-8
-
-
- 94. Kanny
G, Guerin L, Moneret-Vautrin, DA: [Risk of serious acute
asthma due to lupine flour associated with peanut allergy].
Rev Med Interne 2000 Feb;21(2):191-4
-
-
- Liens :
- L'allergie
aux arachides - Danger! (AllergieNet)
- Rancé,
F.: L'allergie à l'arachide chez l'enfant.
- Peanut
Allergy by prof. P. Potter (Allergy Society of South
Africa)
- Understanding
food allergy
- Food
Allergy Network
- Peanut
Allergy Network
- MedicAlert
- Ident-Id
-
-
Refonte de ce texte le 01 septembre 2000
coproweb@free.fr